CARACTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT ACTUEL
mun certaines intelligences, nous poussons les autres, et là est justement le grand mal, car ainsi nous les rendons toutes uniformes.
La caractéristique actuelle de l'enseignement est que les maîtres ne connaissent pas la personnalité de leurs élèves. A la maison, le temps manque pour surveiller l'éducation des enfants, elle marche donc mal. Au collège, le professeur accablé par le travail et par le nombre des élèves, ne peut rien faire de bon. Du reste Técolier est encore plus difficile à connaître sur les bancs de l'école que dans la vie libre, car il s'y trouve dans une atmosphère artificielle, et apparaît différent de ce qu'il est en réalité. D'après ceci on entrevoit à quel point il est difficile de bien élever la jeunesse. 11 s'agit de Vlévelopper les facultés mentales de chaque individualité, afin qu'il acquière un sérieux bagage de connaissances techniques touchant sa profession. Il convient que la jeunesse soit modeste, sans doute, mais elle doit être aussi confiante dans son avenir ; il faut encore qu'elle ait le culte de la vigueur physique, et de l'énergie dans la volonté ; il faut enfin qu elle soit pratique en face de la vie, et inébranlable au point de vue des habitudes morales.
Un peuple jeune et vivace, comme lé peuple italien, peut tout attendre de la rénovation de son éducation civile. Mai?, en attendant que les vieilles forces vitales produisent de nouveaux bourgeons, ce peuple ne doit pas copier aveuglément les institutions des autres na^onalités.
Les racines du peuple italien sont vigoureuses et si profondément enfoncées dans son sol qu'elles peuvent produire sur l'antique souche un tronc nouveau et vigoureux.
Mosso. 14
Dans un livre imprimé récemment et qui a pour objet l'éducation nationale \ M. Maurice Wolff soutient avec insistance qu'il faut s'appliquer à développer plus qu'on ne Va fait jusqu'à ce jour dans les écoles, l' imagination et la Hcnsibilité . Je suis d'accord avec lui quant au premier point ; le second me laisse des doutes.
Je ne crois pas juste cette opinion de Wolff. L'éducation doit tendre, au contraire, à diminuer la sensibilité. Tout ce qui amoindrit l'excitabilité psychique et physique est utile à l'individu, etpar conséquent bienfaisant pour lasociété. J'ailu l'étude que leD' Engelmann, de Boston, a consacrée récemment aux jeunes filles ; je crois que peu d'hommes ont étudié mieux que lui l'éducation physique des femmes en Amérique. Pour nous limiter au phénomène de la menstruation, l'un des plus caractéristiques de la vie féminine, il est à remarquer que les souffrances causées par cette hémorragie périodique, sont beaucoup plus grandes dans la classe élevée ; de même les douleurs de l'accouchement chez les femmes de la campagne, sont moins intenses.
Au point de vue des souffrances produites par la menstruation, la statistique du D"" Engelmann - donne les résultats suivants : Parmi les jeunes filles employées dans des magasins 83 p. 100 se plaignent de douleurs pendant