‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 12 sur 200 · IIIPPOCRATE ET LES GYMNASTES · texte numérisé non relu

IIIPPOCRATE ET LES GYMNASTES

paraient au combat en soulevant des poids de diverses manières, et, surtout, à l'aide du coricos.

Ce coricos était un sac de cuir arrondi, dont la grandeur et la pesanteur variaient selon l'âge et la force des gymnastes. Rempli de sable ou de semence, on le suspendait à la voûte de la palestre, de façon à ce qu'il descendît à la hauteur du ventre de l'althète qui devait en user. Celui-ci le faisait alors osciller fortement, pour Tarrôter ensuite avec la main ; ou encore, il entretenait son mouvement acquis en lui imprimant avec le dos et le ventre de puissantes secousses.

Pour comprendre ce que fut la gymnastique grecque et quelle orientation scientifique on lui assigna dès sa naissance, il faut s'en référer au livre qui le plus anciennement traite de l'éducation physique. Hippocrate*, le grand philosophe auquel nous devons cet aphorisme : « L'empirisme est un danger, mais le raisonnement est difficile » ; Hippocrate fut le plus rude adversaire des gymnastes et des pales- Ires. Il préconisait, au contraire, ardemment les exercices à Tair libre. Et je crois intéressant de faire savoir qu'un grand nombre des questions actuellement agitées en Tart de la gymnastique furent discutées et résolues quatre siècles avant l'ère vulgaire ^

1. Œuvres choisies d'IHppocrate traduites par Ch. Daremberg, 2» edit. p. 689.

2. Selon le témoignagne de Platon, Hippocrate écrivait entre la 84» et la 94« olympiade, c'est-à-dire de 444 à 404, puisque les jeux se célébraient tous les quatre ans.

Voici une page d'Hippocrate :

« Les courses longues avec des courbes {péritrochasme?) et dont la rapidité augmente graduellement, échauffent les chairs, les cuisent et les résolvent ; elles digèrent (rfomient?) la force des aliments, laquelle réside dans la chair. Elles rendent le corps plus pesant et plus épais que ne le fait la course avec le cerceau. Elles conviennent davantage aux grands mangeurs, et plutôt en hiver qu'en été. La course, quand on la fait habillé, produit les mêmes effets ; mais elle échauffe davantage, rend le corps plus humide, fait perdre la bonne couleur de la peau, parce que le corps n'est pas détergé par un air pur qui vient frapper sur lui, et qu'il se meut toujours dans la môme atmosphère. Cette promenade convient aux personnes sèches; à ceux qui ont beaucoup de chair et qui veulent la diminuer, et, aux vieillards à cause du froid de leur corps. Le diaule [cotasse qui consiste à parcourir deux fois le stade^ aller et retour, en tournant la borne)^ et la course à cheval en plein air, fondent moins les chairs, mais amaigrissent davantage. La course en rond ne fond presque point les chairs, elle les atténue cependant et les resserre, surtout celles du ventre, parce que la fréquente respiration à laquelle on est obligé, fait que les humeurs sont plus fortement attirées.

« Les secousses latérales {succiisions ^ comme le veut M. Liltré, ou plutôt courses dans lesqiielles on agite les bras sur les côtés du cojys) quand elles sont rapides, ne conviennent pas aux individus secs, car elles causent des distensions (musculaires) pour la raison suivante : le corps étant échauffé, la. peau s'amincit extrêmement; elles resserrent moins les chairs que la course en rond, et font perdre au corps son

Page 1