‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 111 sur 200 · L'Education nationale, Paris, 1897, Giard et Brière · texte numérisé non relu

L'Education nationale, Paris, 1897, Giard et Brière

2. Geo.-J. Engelmann : « The American Girl of to-day : Modeim éducation and functional Health. » American physical Education Review, toL VI. n. I, 190J,p. 49.

LA SANTE DES FEMMES ET L'EXERCICE 2ti

la période critique ; parmi celles qui vivent penchées sur un bureau où elles n'ont qu'un petit espace libre pour changer de position il y en a 91 p. 100 ; enfin celles qui mènent une vie active, montant et descendant des escaliers, confectionnant des paquets, allant et venant dans diverses pièces, n'en accusent que 78 p. 100.

Le D"" Engelmann a noté en moyenne, 40 p. 100 de jeunes filles soumises au même inconvénient dans les institutions scolaires oîi l'éducation physique était le plus en honneur; ce nombre augmentait dans les classes où les études étaient plus intensives, et montait enfin jusqu'à 6S et 70 p. 100. Dans les grands collèges, et les plus hautes classes, le travail intellectuel et les préoccupations psychiques croissant, il remarqua chaque année, une augmentation d'environ 10 p. 100 déjeunes filles souffrantes parmi celles qu'il examinait depuis longtemps.

Ces études, largement poursuivies sur la femme américaine dans toutes les conditions possibles, conduisirent le D** Engelmann à cette conclusion qu'il était urgent de mieux organiser l'éducation physique, non seulement au point de vue gymnastique, mais encore au point de vue des jeux au grand air, donnant ainsi à ce mouvement toute l'extension qu'il comporte. « L'entraînement physique partant des premières années de la vie, l'habitude de l'exercice datant de loin, il est plus facile d'écarter la susceptibilité, la disposition à prendre les maladies qui peuvent attaquer l'organisme durant les indispositions périodiques qui caractérisent la vie féminine.

A. rapproche de la période où cesse brusquement l'enfance et où se transforme son organisme, le système nerveux de

la femme entre en un lel étal d*excitabilité quelle se trouve exposée à mille causes de maladie. Et un processus identique, quoique d'une moindre intensité, se produit, chaque mois, pendant toute la durée de.sa vie. La surexcitation du système nerveux qui précède Thémorragie mensuelle et la dépression de forces qui la suit agissent, à un tel point, que les maladies mentales, la mélancolie et la démence se plient à leurs irrégularités, en suivent les fluctuations, et prennent un caractère plus aigu durant les périodes de menstruation. "

Pendant mon court séjour chez les Peaux-Rouges de l'Amérique, j'ai voulu étudier pourquoi les femmes de ces peuplades à demi sauvages sont renommées pour leur résistance à la fatigue, et leur aptitude au travail ; pour leur endurance à la chasse et aux longs voyages que Tâpreté du climat rend plus rudes à supporter. Et je me suis convaincu que lès prescriptions hygiéniques visant les conditions anormales de la vie des femmes, qui se trouvent déjà dans le Lévitique, existent aussi chez les Indiens.

L'apparition de la puberté est un événement qui prend beaucoup plus d'importance chez les peuples barbares que chez les peuples civilisés. Et plus l'industrie progresse, plus semble s*effacer le respect des fonctions maternelles de la femme. L'émotivité exagérée est un des tristes apanages des peuples les plus policés, et leur sensibilité est aussi très grande; des causes minimes d'excitation produisent donc chez eux des réactions très douloureuses. Plusieurs collègues d'Amérique, que j'ai interrogés à ce propbs, m'ont confié que, dans leur pays, certaines femmes se servent chaque mois de la morphine pour atténuer les souffrances de la

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