‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 132 sur 200 · UNIVERSITÉS FÉMININES · texte numérisé non relu

UNIVERSITÉS FÉMININES

ainsi la Golumbia University, possèdent un édifice séparé destiné aux écoles féminines ; et elles ne permettent aux femmes de suivre concurremment avec les hommes que les cours les plus avancés.

James Fullarton Muirhead, dans son livre sur l'Amérique, intitulé : Le pays des Contrastés^ dit que la supériorité des femmes y dérive de Tinfériorité des hommes ; et récemment, j'ai lu un article dans un fascicule de la Norih American Review, où Ton cherchait à démontrer que le triomphe de la femme conduira Thomme à la dégradation. Dans aucun pays, la question de la prééminence de là femme ou de celle de Thomme n'est plus étudiée et ne présente de plus sérieux contrastes. Les plus enflammés pour la propagande du féminisme sont ceux qui parlent sans cesse de la Neiv Woman^ comme s'il s'agissait d'une nouvelle créature.

Ainsi lorsque nous voyons des universités instituées exclusivement pour les femmes, d'autres existent qui ne veulent point encore les laisser entrer dans leurs écoles. Je présume qu'il y a deux raisons qui militent pour exclure la femme des milieux universitaires. On peut dire de Tune qu'elle est d'origine anglaise. Les universités des Etats-Unis s'étant modelées sur celles d'Oxford et de Cambridge, les Américains continuent à exclure les femmes de la vie universitaire pour la simple raison qu'en Angleterre elles n'y sont pas encore admises.

L'autre est une raison purement américaine. Les étudiants aux Etats-Unis n'habitent pas, comme chez nous, des chambres à la douzaine. Les universités pourvoient même au logement ; et les dortoirs sont une des institutions bienfaisantes qui permettent aux pauvres de faire aussi leurs

éludes. Seulement, il n'est pas facile d'installer dans les universités des logements pour les deux sexes. Et c'est pour éviter une telle complication que quelques-unes d'entre elles persistent à tenir les femmes éloignées. Mais il est singulier que ce soient justement les plus célèbres et les plus riches qui les excluent. Cependant, si la Harvard et la John Hopkins Université/ persistent à ne pas vouloir accorder la libre pratique aux femmes comme aux hommes, il doit exister d'autres raisons que celle des logements et de l'argent nécessaire à les. installer. Que la question soit beaucoup plus complexe qu'elle ne le semble, on le voit par cet anachronisme : ce ne sont pas les vieillards, les hommes portant cadenettes *, comme nous dirions, nous autres Italiens, qui s'opposent à l'admission des femmes aux écoles supérieures. Dans les administrations des universités et des collèges^ ce sont les jeunes, c'est-à-dire les hommes les plus avancés d'idées qui refusent à la femme les mêmes droits Tju'à l'homme.

A Worcester, la Clark University — un institut supérieur de perfectionnement — reçoit les femmes ; et à l'Université de Yale et de New-Haven, elles sont admises aux cours supérieurs lorsqu'elles ont passé avec succès l'examen du premier degré dans une faculté {Bachelors of Arts).

La coéducation étant dans Tair, il est probable qu'à une époque prochaine toutes les universités d'Amérique seront

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