‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 133 sur 200 · LA VIE A L'UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

LA VIE A L'UNIVERSITÉ

mixtes à Tinstar des nôtres, bien que, à Theure actuelle, ces universités mixtes forment une minorité.

Dans quelques universités, on donne l'instruction supérieure presque gratis, comme en Italie; mais elles sont rares. En Amérique, Tinstruction est généralement fort dispendieuse, et c'est peut-être pour cette raison que les enseignants y sont plus estimés, et les étudiants plus laborieux.

Du reste, fes parents y prennent beaucoup plus d'initiative pour Téducation de leurs enfants que chez nous. Soixante villes d'Amérique ont formé des associations, des espèces d'écoles coopératives, et les membres de ces associations organisent, dans des immeubles qui leur appartiennent, des cours, des conférences et des réunions. 11 existe également aux Etats-Unis des sociétés qui ont pour but d'aider les étudiants pauvres, hommes et femmes, qui veulent faire leurs études.

Cette initiative privée nous manque absolument en Italie. On dirait môme que l'opinion y marche dans un sens contraire, car les collèges, instaurés d'après le type américain, s'effondrent au lieu de se développer rapidement, comme il arrive là-bas. •

Dans l'Université du Michigan, université fondée en 1837, et l'une des meilleures peut-être qui soient subventionnées par les Etats d'Amérique, il existe des associations d'étudiants qui possèdent une maison et un jardin ; ils mangent ensemble et payent en commun toute la dépense, tant pour la pension que pour l'immeuble. Les jeunes filles qui fréquentent en grand nombre cette Université, donnent à ces associations une vie plus intense. Par Tintérêt qu'elles prennent à la marche de celles dont elles font partie, elles créent

fiO L ÉDUCATION MODERNE DE LA FEMME

dans ces associations un élément nouveau de prospérité qui manquera peut-élre toujours aux étudiants d'Elurope.

J*aî causé longuement avec un grand nombre de ces étudiantes, et, dans toutes, j'ai pu admirer la sociabilité, renjouement et la candeur des Américaines, avec lesquelles Tamitié semble plus facile. Un antre trait caractéristique de la fenune en Amérique : instinctivement, elle ne reconnaît aucune supériorité venant de la naissance, de la fortune ou de la caste ; et celte manière de voir est plus développée encore dans les enfants qui consacrent leur vie à l'étude. Avec un enthousiasme que fortifie encore le sentiment de Tindividualisme, elles ne reconnaissent de valeur qu'aux mérites personnels.

La première fois que je rencontrai une femme portant la toge, je dois confesser que j'en ressentis une certaine surprise. Je parcourais un sentier solitaire du canipus, un grand parc appartenant à l'Université, où se dressent çà et là les édifices scolaires; et je me rappelle que je suivais avec curiosité les mouvements gracieux de plusieurs écureuils qui, leur longue queue en panache, grignottaient des glands. Ils paraissaient si tranquilles, qu'on les eût dits apprivoisés. Un léger bruit me fit retourner, et j'aperçus une belle jeune fille vêtue de la toge et portant la toque, une sorte de barette noire et carrée dont se coiffent les étudiants anglais. Là, comme à Oxford et à Cambridge, les professeurs et les étudiants endossent la robe et parcourent les rues pour se rendre à rUniversité, revêtus de ce costume moyennageux. II en est de même dans l'Université du Michigan; et Ton voit dans les rues de la petite viUe d'Ann-Arbor, se promener des toges que les étudiantes savent du reste porter avec une grande élégance.

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