GYMNASTIQUE ET POLITIQUE
L'éducation physique portée à sa perfection, tel est le fait caractéristique de la civilisation grecque ; les jeux gymniques, solennisés en quatre lieux différents de THellade, exerçaient une profonde influence sur la politique des Grecs. L'art, Tadmiration de la beauté adoucissaient les rivalités d'état à état. La confédération des républiques trouvait dans les jeux olympiques le lien le plus solide, et les luttes politiques, les dissidences s'apaisaient dans le culte rendu aux vainqueurs des jeux. Les résultats qu'obtinrent les Grecs dans l'art d'élever les citoyens pour la patrie seront toujours un sujet d'admiration pour les penseurs. Aucun peuple n'influença d'une façon aussi décisive les destins de l'humanité ; nul ne créa un type aussi complet d'éducation pour le corps et pour l'esprit. Mais c'est par le souci constant qu'ils en prirent durant des siècles, qu'ils parvinrent à une telle supériorité dans l'éducation. La science appliquée aux exercices gymniques, la bonne organisation des palestres, l'adaptation de la religion à la vie, la richesse dans l'installation des gymnases, ils poursuivirent le perfectionnement de toutes ces choses avec la seule intention de rendre l'homme plus parfait et plus fort. Les écoles de médecine eurent sur celles de philosophie une action directrice puissante. Les grands penseurs de la Grèce, à la pratique de la spéculation, unissaient si étroitement l'élude des phénomènes naturels que l'on ne saurait décider s'ils excellèrent plutôt en métaphysique que dans les sciences positives.
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Si le peuple grec parvint à un degré de perfection qu'aucun autre ne put atteindre, ce n'est pas grâce à la seule éducation physique, c'est parce qu'il sut régler l'instruction de la jeunesse mieux qu'on ne le fit jamais. Les matières proposées à ses études étaient beaucoup plus restreintes que celles de notre temps; renseignement chez les Grecs comptait trois degrés : De quinze à dix-huit ans, les adolescents se préparaient à Téphébie ; le collège des éphèbes, où on leur inculquait les vertus civiles, les gardait de dix-huit à vingt ans ; enfin de vingt à vingt-deux ans, ils terminaient leurs études en d'autres gymnases.
Le serment d'Bippocrate est le plus ancien document sur la médecine grecque que nous possédions ; il est aussi l'un des monitoires oîi nous apparaît de la façon la plus parfaite la hauteur de l'âme hellénique. J'ai quelquefois conféré le doctorat en médecine, et en lisant la formule banale avec laquelle nous décernons ce titre aujourd'hui, je me sentais humilié. C'est que les paroles solennelles, toutes frémissantes d'affection pour les maîtres, toutes chaudes d'humanité, tout imprégnées d'abnégation pieuse par lesquelles, il y a vingt siècles, les médecins juraient d'accomplir consciencieusement leur devoir, me remontaient aux lèvres.
Parmi les choses dignes de mémoire, qui nous ont été conservées par l'épigraphie grecque, l'une des plus importantes est sans doute la formule du serment que prononçaient h dix-huit ans les éphèbes. Je souhaiterais qu'elle fût reproduite et placée dans les écoles, ainsi qu'elle l'était alors, afin que les vertus civiques qu'elle propose restent imprimées dans les âmes en traits ineffaçables.
Voici la formule de ce serment : « Je jure de ne jamais