LES CARIATIDES
pie. Cependant son aventure fut prise en pitié par les juges. Considérant que son père, Diaforas avait été célèbre au pugilat, et que ses frères avaient remporté la couronne aux jeux olympiques, ils la sauvèrent de la mort. Mais il fut décidé, à partir de cette année, que les directeurs de gymnases et les professeurs de gymnaslîques, devraient, eux aussi, se présenter nus dans Tarène en compagnie de leurs élèves.
L'influence féminine se manifesta d'une façon spéciale dans la danse et la musique. Aux fêtes d'Apollon, les chœurs de chant étaient accompagnés de poses et de mouvements très animés ; et Platon recommandait ces mouvements gymniques comme étant les plus beaux de tous les exercices où les membres du corps seuls sont en jeu. Les adolescentes qui formaient ces chœurs ou celles qui évoluaient aux fêtes de Diane carienne, étaient choisies dans les plus éminentes familles de l'Etat. .C'est même de ces jeunes filles que provient le, mot : cariatide. Lorsque les artistes grecs s'avisèrent de remplacer les simples colonnes par des statues, ils s'inspirèrent des jeunes filles que Ton admirait aux fêtes de l'Arthémis carienne.
Les jeux de la Grèce antique ont disparu des usages du peuple. Seul le disque survit dans la ruzzola ; encore la lance-t-on d'une façon diflérente de celle qui nous est indiquée par l'attitude du discobole de Miron. Pourtant dans quelques provinces méridionales, on se livre encore à des luttes et à des courses autour des églises pour célébrer la
fête des saints. Nous vivons à une époque de transition : Fenthousiasme religieux, d'oîi naquirent les fêtes populaires, a fini de vivre, et nous n'avons pas su leur substituer un type nouveau de fêtes civiles.
/Le peuple grec fut de tous, celui qui s'entendit le mieux à organiser ces solennités. A Taide de tous les arts charmeurs, avec le concours de la poésie et de la musique, il poussa les jeuK à une perfection qui ne fut plus atteinte.
Les victoires, les traités de paix, une visite d'hôtes illustres, les noces, et surtout les sacrifices que Ton offrait aux dieux, devenaient pour les Grecs autant d'occasions de jeux gymniques. Leur enthousiasme pour ces jeux et pour l'éducation physique se développa de telle sorte que les fêtes d'Olympie ne suffisant plus à les satisfaire, après la bataille de Marathon, ils en instituèrent de nouvelles en différents lieux de la Grèce. Au cœur de l'hiver, la jeunesse se livrait nue à la course dans le stade de Némée. Cependant aucune de ces fêtes sacrées y compris les pythiques et les islhmiques, n'égalèrent jamais en splendeur celles d'Olympie. Mais on les célébrait dans un grand nombre de villes, et, à cause de leurs fréquences, les luttes qu'elles faisaient naître exercèrent une action plus décisive sur le peuple grec que les jeux olympiques mêmes.
Les tombes étrusques de Chiusi, et spécialement celle dite « du singe, » nous ont livré les plus antiques représentations connues des jeux gymniques célébrés en Italie. On y voit des hommes nus qui combattent au pancrace; leurs gestes sont semblables à ceux que comporte la boxe^ et leurs bras se replient pour la défense de la même façon caractéristique que dans le pugilat moderne. D'autres s'y livrent à la