ÉDUCATION PHYSIQUE DES ROMAINS ET DE LA JEUNESSE ITALIQUE
Étudier les anciens au simple point de vue de la technique, nous borner à connaître les méthodes qu'ils employaient pour développer le summum de force et d agilité dans les membres du corps humain, pour donner à sa fibre le plus de résistance possible et pour exalter la vie au plus haut degré d'intensité qu'elle puisse atteindre, ce serait faire trop peu. Nous devons nous enquérir encore avec une recherche scrupuleuse des jeux qui firent leur joie. Cette recherche nous révélera les menues causes qui concourent à la grandeur et à la décadence des nations, puisque les habitudes sociales, les faits sociaux procèdent de la vie intérieure des familles, et de l'éducation que reçoit la jeunesse.
Marquart, dans son ouvrage sur la vie privée des Romains^ dit que : « Pour pénétrer le caractère des hommes supérieurs et celui d'un peuple, rien ne vaut comme d'observer l'un ou les autres, après le travail, lorsqu'ils agissent sans
1 . Marquart : Rômische Pnvatalterthûmer. II Abth. v. p. 453.
conlrainte, et que la nature et les tendances de leur âme transpirent dans leurs divertissements. »
Les Romains furent avant tout un peuple pratique. Ils n'attachaient d'importance qu'aux choses d'une immédiate utilité, se souciaient peu des études, manquaient de sentiment esthétique et n'avaient aucun talent pour la musique. Chez eux, l'éducation fut essentiellement domestique. Les enseignants étaient des esclaves.
Tant que les jeunes gens n avaient pas revêtu la robe virile, TÉtat se désintéressait de leur éducation. Et Plutarque nous raconte que Caton l'Ancien, qui connaissait la gymnastique, instruisait lui-même ses fils à lancer lo javelot, à manier les armes, à monter à cheval, à lutter et à nager. Les Romains avaient des concours de natation; il semble même qu'en cette branche de l'éducation physique ils aient surpassé les Grecs. Auguste apprenait la natation à ses neveux ; et avant que Végèce décrivît les exercices auxquels se livraient les Romains dans le Tibre et au Champ-de-Mars, la légende avait consacré le nom d'Horalius Coclès qui se jeta tout armé dans le fleuve et celui de Clélie qui le traversa à cheval, encourageant par son exemple ses compagnes qui nageaient.
Du temps de la République, Rome n'eut ni palestres, ni gymnases, mais les maisons de campagne possédaient des piscines et de grandes vasques où l'on nageait. La gymnastique chez les Romains fut constituée à l'aide d'éléments italiques et d'éléments nationaux. Leurs armes et leurs jeux étaient d'origine étrusque. Pline raconte que lorsque Tarquin l'Ancien voulut instituer des jeux à Rome, il manda d'Etrurie des hommes forts au pugilat, et cinq cents ans