LA COURSE
avant le Christ, au milieu d'un énorme concours de Volsques et de Sabins, les hidi^ magni prirent naissance. Les spectacles les plus populaires des liidi latini étaient la course à pied, la lutte, les combats athlétiques, les courses de chevaux et celles de quadriges. Au temps d'Auguste, Técole latine du pugilat était encore distincte de Técole grecque, Suétone nous Taf firme.
La course formait la base de Téducation physique des Romains. Du reste, de toutes les aptitudes de Thomme aux époques de sa vie primitive, de sa vie sauvage, la plus précieuse dut être la vitesse à la course qui lui permettait de poursuivre et d'atteindre les bêtes sauvages et ses ennemis. A peine la gymnastique fut-elle constituée à Rome que la course devint le point fondamental de l'éducation militaire; en lisant Livius, Polybe, Végèce et tous les auteurs qui écrivirent sur les habitudes militaires du peuple romain, nous voyons que la dectirsio fut le plus estimé de tous les exercices. Lorsque la course n'est plus en honneur chez un peuple, nous pouvons dire, sans plus nous enquérir, que l'éducation physique y est en décadence. Aux temps de la république romaine, Papirius, le vainqueur des Samnites, qui mérita le surnom de coureur^ fut célèbre par son agilité à la course, exercice dans lequel il surpassait tous ses contemporains. Beaucoup se figurent que les tendances de la gymnastique romaine furent exclusivement militaires. 11 n'en est rien, et Cicéron dans son livre « De officiis » nous en donne l'assurance : « Exercendum tamen corpus et ita afficiendum, ut obedire consilio rationique
1. Livius : 1,37, Ludiquam amplissi ut fièrent Senatus decrevit.
possit in exsequendis negotiis et in labore iolerando. » Un jeu dont l'importance pédagogique, psychologique et esthétique fut très grande chez les Romains est le jeu de paume. Horace et Ovide en parlent à plusieurs reprises et signalent son influence sur la grâce et la dextérité des mouvements et sur Tacuité de la vue.
Hygiéniquement, Galien et Oribase recommandent le jeu de paume comme un moyen diététique. Les différentes manières de jouer à la paume étaient plus nombreuses chez les Romains, et plus compliquées que chez nous ; aussi Martial compare-t-il ce jeu à Tart de jouer de la lyre. Horace nous conte que les badauds s'amassaient en grand nombre autour des gens qui jouaient, et surtout qui jouaient mal h la paume, et qu'ils les raillaient sans pitié.
Deux empereurs, Antonin et Alexandre Sévère, furent renommés pour leur adresse à ce jeu. Mais de ce qu'on le pratiquait assidûment dans les sferisterii des Thermes, il ne faut pas conclure qu'il n'entra dans les usages romains qu'au temps des empereurs. Suivant Suétone, Caton l'Ancien joua à la paume en plein Champ-de-Mars, le jour même de son élection au Consulat.
Nous l'avons déjà dit, la course de vitesse et le saut en course rapide constituaient à Rome le fondement de la gymnastique. De nos jours, ce dernier est beaucoup moins en honneur, et nous avons même perdu sa technique. Pour sauter plus loin, les anciens se servaient d'hallères qu'ils