LE SAUT DES ROMAINS
tenaient en mains (pondéra plombea.) C'est ce détail qui nous permet de comprendre comment Phayllos de Crotone, par exemple, pouvait exécuter des sauts de cinquante-cinq pieds de longueur, bien qu'il prit son élan d'un terrain dont la surface était plane. Aujourd'hui, certes, personne ne serait capable de franchir cinquante pieds d'un seul bond.
Sur des vases étrusques, sur des coupes et des gemmes, nous voyons fréquemment des figures de jeunes gens nus qui brandissent des haltères. Ces haltères qui généralement étaient en plomb, affectaient des formes diverses ^ Le poids même du sauteur et celui des haltères mises en mouvement par son élan, étant considérable, la force d'inertie qui propulsait en avant son corps fendant l'air, était plus grande.
Vers la moitié de la distance à franchir, il tendait vivement les mains en avant et donnait, par le déplacement des haltères, une impulsion nouvelle à son corps et en prolongeait le vol, si Ton peut parler ainsi. D'autres représentations nous montrent les mêmes jeunes hommes tout nus sautant par-dessus la tête d'un camarade : parfois, la hauteur d'un homme semblant médiocre, ils faisaient monter quelqu'un des jeunes gens sur une escabelle et les autres passaient par-dessus lui d'un bond sans écarter les jambes.
Les Romains s'adonnèrent d'une façon toute spéciale à la course achevai. Depuis les /«/rfi ma^m des temps primitifs, ils se distinguèrent et gardèrent le premier rang à cet exercice jusqu'à la fin de l'empire. Le cri du peuple romain