JEUX DE PAUME EN FRANGE
passion que les Italiens. Il resterait à savoir si des édits et des objurgations furent nécessaires en Italie comme en France pour en tempérer Tusage. Vers la fin de Tannée 1300, le Préyôtde Paris ordonna que tout divertissement soit prohibé durant les jours non fériés, parce que, disait-il, « on perdait trop de temps en jouant à la paume et aux boules. »
J'ai cité plus haut un ouvrage de Jusserand ; il y a recueilli plusieurs documents qui prouvent que toutes les formes modernes du jeu de paume, telles que le golf ^i le cricket étaient d'un très ancien usage en France. L'expression française crosser en fait foi. Elle vient de l'action qui consistait à chasser une balle à l'aide d'un bâton recourbé qui se nommait crosse. Le projectile était une boule de bois ou une pierre ; on le lançait à coups répétés dans des trous creusés ad hoc, au milieu d'un cercle dessiné à terre, ou encore contre un ou plusieurs pieux fichés dans le sol- Se transformant sans cesse, ces antiques jeux furent de moins en moins pratiqués en France pour disparaître entièrement au XIX* siècle.
Opprimée par la tyrannie de Napoléon V\ l'Allemagne n'avait qu'un désir, se relever, et elle se prépara à la guerre nationale avec une rapidité merveilleuse.
Jahn appela la jeunesse allemande à la rescousse lorsqu'en 1811 il fonda la première société de gymnastique. C'était un étudiant débordant d'activité, un écrivain brillant qui cultivait avec amour la philosophie. Tandis qu'il imaginait
54 L'âGONISTIQUE MODERNE
les instruments nécessaires aux exercices gymniques, ses camarades accouraient. On peut donc dire que la gymnastique prit naissance, en notre siècle, dans les universités. Tous voulaient s'aguerrir, devenir plus forts ; les victoires remportées, ce mouvement fut repris par Metternich. En 1820, un étudiant assassina le poète Kotzebue parce qu'il le croyait ennemi des libertés universitaires, et espion de la Russie. C'est de ce fait que prit origine la loi de répression contre la gymnastique, loi connue sous le nom de Tumsperre. Et à son aide, on put fermer au cadenas toutes les palestres universitaires jusqu'en 1842. Comme à Naples où le Gouvernement des Bourbons les voyait de mauvais œil, les étudiants furent tout d'abord persécutés en Allemagne. L'esprit belliqueux n'en fut cependant pas atteint. Les jeunes gens des écoles se tournèrent vers l'escrime. L'escrime, il est vrai, ne répondant pas à un besoin physiologique, ne devait point tarder à s'altérer et à se corrompre; bientôt la mensur fut en vogue; les cicatrices au visage appelèrent Tadmiration, et les étudiants allemands se laissèrent fasciner par la manie du duel. Pu reste, depuis le xvii* sièole, ils y étaient renommés.
L'éducation physique est considérée comme un sport en Angleterre ; elle y est libre. En Allemagne, elle forme une branche de l'enseignement, et aux Etats-Unis d'Amérique, elle procède de l'un et de l'autre de ces modes.
Quand Obermann transplanta la gymnastique allemande en Italie, l'enthousiasme qu'elle excitait avait déjà quelque peu baissé, car la méthode suédoise venait de s'introduire à rinstitut central gymnastique de Berlin, et Rothstein combattait l'usage des appareils inventés en Allemagne.