GYMNASTIQUE SANS AGRÈS
devaient elles-mêmes organiser des promenades, des marches, des concours de gymnastique et de jeux gymniques dans les universités.
Tout semblait présager le succès. Mais, hélas ! l'élément le plus indispensable, le concours du public, faisait défaut. Dès que Ton reconnut en Allemagne que les anciens exercices pratiqués à Faide d'agrès dans les palestres étaient insuffisants, dès que Ton sentit qu'il fallait ouvrir à la gymnastique des voies nouvelles, les professeurs, avec leur capacité technique et leur culture supérieure, purent s'appliquer avec passion à la diffusion des jeux et des sports. En Italie nous ne possédons point cette coopération puissante et nécessaire.
Les proviseurs de lycées et de gymnases, les directeurs d'écoles spéciales et d'instituts supérieurs donnent à l'éducation physique, en Allemagne, une importance beaucoup plus grande que ne le font chez nous, à quelques exceptions près, lesmêmes fonctionnaires.; on peut dire qu'en Italie cette éducation est complètement négligée. Nous pourrions dresser ici une liste des proviseurs et directeurs d'écoles allemandes qui ont enseigné eux-mêmes, sur le terrain, les jeux gymniques. La supériorité de TAllemagne consiste justement en ce que certains directeurs d'écoles secondaires sont célèbres dans les sciences et dans les lettres, et pourraient soutenir la comparaison avec les plus illustres professeurs des universités. Et nous pouvons avancer que plus la culture d'un chef d'institution est supérieure, mieux il condescent à s'occuper de soins modestes.
Des hommes supérieurs imposant par l'autorité de leur nom, le respect de l'éducation physique, tel est le sérieux appui qui nous manque dans nos écoles secondaires d'Italie.
Mosso. 5
66 L'AGONISTIQUE MODERNE
Mais ce qui, plus que tout, nous a fait défaut jusqu'à ce jour, c'est la propagande active et spontanée de la presse. Et l'activité de la commission n'a pu suppléer à tout ce qui nous manquait.
Pour apprécier à quel point l'Allemagne nous dépasse en culture physique, il suffit de consulter les publications mises au jour par le Comité allemand dont nous venons de faire mention. Onze volumes ont été déjà imprimés, onze gros volumes de quatre cents pages ! Nous voyons les professeurs de gymnastique y étudier, chez les anciens, les arts gymniques appliqués à l'éducation. Les médecins y vulgarisent leurs recherches sur les phénomènes de la fatigue et sur l'hygiène des écoles. Les professeurs y publient des relations sérieuses sur les faits qu'ils ont observés à l'étranger et ils y comparent les méthodes d'éducation en usage dans les différents pays ; enfin les écrivains et les artistes y étudient les monuments, l'histoire et aussi les fêtes populaires.
Chaque fois que me parvient un de ces volumes, qui m'élargit l'âme, j'éprouve d'autre part un sentiment d'humiliation à la pensée que rien de tout cela n'est encore possible en Italie : les auteurs font défaut, et d'ailleurs les lecteurs manqueraient.
L'œuvre du Comité central, présidé par von Schenkendorf s'est rendue très utile surtout par ses cours à l'usage des professeurs et des maltresses de gymnastique. J'emprunte au livre de M. A. Hermann * quelques dates statistiques sur
4. A Hermann: Ratgeber zur Einfiihrung der Volks und Jugenspiele. Voigtlânder, Leipzig.
2. Depuis 1900, des cours de gymnastique destinés aux professeurs et aux maîtresses, ont été installés dans 35 villes d'Allemagne. Pour les maîtres, à