‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 44 sur 200 · L'ÉDUCATION PHYSIQUE EN ITALIE · texte numérisé non relu

L'ÉDUCATION PHYSIQUE EN ITALIE

site de Harvard est en tels progrès qu'elle dispute le premier rang à celles d'Oxford et de Cambridge.

La nation américaine a su faire naître, sur tous les points de son territoire, un puissant esprit d'initiative qui n'a chez nous qu^une existence faible et limitée ; là est le secret de sa supériorité sur les peuples latins. C'est à peine si 20 p. 100 des palestres américaines sont dirigées par des techniciens. En Italie, au contraire, ce sont de véritables sacristies, des églises où, qui officie doit avoir recules ordres. En Amérique, on a laïcisé les palestres et chacun peut y enseigner, s'il a prouvé qu'il en a la compétence. Bon an, mal an, 150 nouveaux maîtres se vouent à l'enseignement de la gymnastique dans l'Amérique du Nord. Ce chiffre nous est fourni par une statistique publiée voici quelques années. Mais au dernier Congrès de TAssociation américaine pour l'éducation physique, il fut révélé qu'en moyenne trois classes d'élèves ne possédaient qu'un maître de gymnastique et de jeux gymniques, et on émit le vœu qu'il fallait doubler le nombre de ces maîtres. En Italie, nous ne nous berçons pas de l'espoir que l'initiative des particuliers pm'sse suppléer à l'appui du gouvernement. La pratique de la liberté nous manque, cette pratique que nous invoquons sans trêve; et il est malaisé de transformer un peuple du jour au lendemain ; malaisé de modifier les conditions de sa vie. Avant tout, il faudrait que l'opinion publique elle-même se transformât.

Puisque tout fait prévoir que l'évolution sera lente, nous ne devons point nous décourager, même si nous pensions qu'il faudra combattre durant de longues années sans arriver à nos fins. Organiser des sociétés locales, nous adresser à la presse, voici deux moyens qui, par le temps qui

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court, seront toujours opportuns ; et nous devrons les mettre en pratique jusqu'au jour où, la question s'étant ouverte comme une blessure saignante, il deviendra nécessaire de la guérir.

On prétend que l'Amérique est le paradis des femmes; on devrait l'appeler plutôt le paradis des enfants, tant on leur donne de liberté dans ce pays, tant on leur y permet de jouer et de se divertir,

Pendant la douce époque du premier âge î

Une commission compétente a été récemment envoyée aux Etats-Unis d'Amérique par le gouvernement anglais pour y étudier les causes de son développement si rapide. Cette- commission a déclaré, dans son rapport sans réticence, que les Américains possédaient Fart, la science, de former un peuple; et que c'était à cette science, qu'ils étaient redevables de leur grandeur. De fait, la supériorité de l'Amérique, en matière d'éducation, éclate victorieusement, lorsqu'on rapproche les publications pédagogiques de ses universités de celles des universités anglaises ^

Quant à l'Italie, sa production littéraire, eu égard à l'édu-

1. Les universités de ces pays favorisent les études beaucoup plus que les nôtres ; elles possèdent en propre des imprimeries qui leur permettent de répandre des livres de choix qu'elles peuvent imprimer à bon marché. Le gouvernement italien ne se met nullement en peine de se procurer des livres scolaires à des prix modérés, et cela, bien que notre peuple soit plus pauvre que les Anglo-Saxons. Ainsi, pour citer un exemple, les élèves qui fréquentent l'école d'éducation physique à l'Université de Harvard sont tenusd'acheter les ouvrages dont les noms suivent, mais ces ouvrages ne leur coûtent que 50 francs à l'imprimerie de l'Université :

Herbert Spencer t De l'éducation physique. — Maclaren : Èduca^

cation physique, est plus faible, plus misérable que celle de n'importe quel pajg. Tel est le résultat du peu de soins que Ton a donné jusqu'ici à cette branche de la pédagogie dans nos universités. Aucune nation cependant n'est mieux faite pour ces études, tant par la quantité des monuments archéologiques qu'elle possède, que par l'exubérance de vie qu'elle doit à sa renaissance. Notre stérilité est moins manifeste en physiologie.

Le problème est plus complexe qu'on ne saurait le croH^^ Certains pensent que la littérature répond à un besoin de la société, et qu'une besogne intellectuelle, proposée, réclamée même, il doit se présenter aussitôt quelqu'un pour l'accomplir. Si vous voulez toucher du doigt la fausseté de la proposition, considérez l'art dramatique. Les littérateurs y pourraient trouver la plus lucrative des carrières ; voyez cependant combien peu d'entre eux s'y sont signalés !

Les écrivains de talent sont à même d'exercer une grande influence sur l'opinion publique, de créer une atmosphère favorable autour d'une question, enfin de lui préparer le terrain. Mais il leur est impossible de tout faire à eux seuls. En Amérique, la production littéraire moyenne est très importante. C'est elle qui dirige l'éducation du pays, depuis les grands journaux jusqu'aux innombrables petites feuilles imprimées par les universités et les collèges pour publier les résultats de tous les matchs possibles..

lion physique. Croissance et développement. — Maclaren : De la respiralion en théorie et en pratique. — Schaible : Respiration systématique du corps. — Hippinson : A l'air libre. — Blaikie : Comment on devient robuste. — Oswald : Education physique. — Clarke : Du sexe dans Véducation. — Huut : Principes d'hygiène. — Wilson : Manuel d'hygiène. — Black : Les dix lois de la santé. — Davis : Hygiène des jeunes filles. — Meath : Prospérité et paupérisme.

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Chez nous, on n'a pas encore su faire durer un journal sérieux dans le genre de V American plujsical éducation Review ou du Zeitschrift fur Schulgesimdheitspflege publié par Voss de Hambourg.

La littérature moderne trouverait là pourtant un champ fécond. Si les jeunes gens dirigeaient leurs études du côté de l'éducation physique, ils pourraient y rencontrer le succès. De nos jours, en effet, la littérature tend vers la science, et la science vers la littérature. La science semble devoir être dans lavenir, le soleil qui vivifiera les lettres ; déjà pointent à Thorizon les premières clartés de cette aurore, tandis que déclinent vers le couchant les décadents et leur littérature voluptueuse.

Les cours de vacances les mieux organisés, c'est en Amérique que je les ai vus. A Cambridge, au beau milieu de la prairie où Washington rassembla Tarmée de l'indépendance avant de se mettre en marche pour prendre Boston, s'élève un important édifice, YHemenwarj gijmnasiiim. C'est une palestre très spacieuse, oîi l'on a réalisé tous les perfectionnements possibles, une palestre modèle. Au premier étage et circulairement, prennent place la bibliothèque, les bureaux, les appartements du Directeur et de ses adjoints; au rez-dechaussée sont installés les bains, les douches, le bassin de natation, etc. Les élèves peuvent s'y inscrire à 64 cours. Je n'en donne point ici les dénominations. D'abord parce qu'elles sont pour beaucoup intraduisibles dans notre langue; et ensuite parce que pourraient seuls les com-

prendre ceux qui s'occupent d'anglais et pratiquent la littérature des sports. Il va sans dire que les élèves ne suivent pas tous ces cours. Chacun choisit les matières où il désire se perfectionner. La plus grande partie des inscrits fréquententles Jeçons d'anatomie appliquée, de physiologie, d'anthropométrie, d'hygiène et d'entraînement théorique et pratique.

Les cours partent du commencement de juin et ont une durée de cinq semaines. Ils s'adressent d'une iaçon spéciale aux étudiants qui, se destinant à professer la gymnastique, ne peuvent pas interrompre la marche normale de leurs études durant Tannée scolaire. Suivant l'usage, l'enseignementy est donné de la façon la plus intensive : huit heures déclasse par jour, dont quatre consacrées aux exercices pratiques, et quatre au\ conférences et aux leçons. En J899, lorsque je visitai l'école, les cours étaient fréquentés par 26 hommes et 60 femmes.

Je donne en note à la fin de ce chapitre le nom des maîtres qui enseignent au Hemenway Gymnasiiim de l'Université de Harvard, avec l'indication des cours spéciaux qu'ils y professent.

Le mot sport est d'une signification trop large pour qu'on l'applique aux jeux gymniques pratiqués dans les écoles. La chasse, en effet, la pêche, la bicyclette, l'automobilisme, Téquitation, l'alpinisme et tant d'autres divertissements, qui rentrent sous cette dénomination, ne peuvent prendre place dans les programmes scolaires. Mais bien qu'il ne se

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trouve pas encore dans les lexiques, le mot sport n'est pas moins chez nous, d'un usage courant, n'en est pas moins désormais naturalisé italien. Par égard pour les mots qui viennent de l'Étranger j'aurai dû écrire sports, en italiques, j'ai été plus audacieux; et je l'ai été parce que je crois que sport vient du mot italien diporto. Chez les écrivains du xu® siècle, on trouve le mot diporto pour exprimer un divertissement, un amusement, mais un amusement auquel l'action, le mouvement sont nécessaires; d'où Boccace a écrit : {Décaméron 8, 403). « Afin de prendre quelques ébats

' [diporto) qui pussent préserver notre santé et notre vie,

nous sortîmes de Florence. »

Les Français possédaient aussi le vieux mot desport, maintenant hors d'usage ; et Rabelais écrit que lorsque Gargantua sortait le matin avec ses camarades, ils

(( Se desportaient es prés et jouaient à la balle, à la paume. »

J'ai vu dans plusieurs dictionnaires anglais que sport est considéré comme une abréviation du mot français disport ou desport

« La transformation des vocables^ parmi les hommes, comme Vombre accompagne le corps, suit la transformation des choses humaines *. »

Lorsque nos jeux passèrent en Angleterre, leur nom les y suivit. Mais les Anglais, voulant abréger le vocable, au lieu de desport f ou de diporto^ ils dirent : sport. Aux philologues de décider lequel de ces deux mots, desport ou diporto fut le plus anciennement employé avec la signification ac-

4. Qiusti : Gita da Firenze à Montecatini (excursion de Florence à Mon^ tecatini).

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