ÉDUCATION PHYSIQUE EN FRANGE
occupation à toutes les autres, car je vois là un service à rendre aux familles et au pays. »
Et malgré tout, la France ne dépense que vingt-cinq mille francs pour la gymnastique, tandis que les frais du culte sont inscrits dans lé budget pour une somme de cinquante-quatre millions, et qu'une seule ville, celle de Paris, consacre quatre-vingt millions à l'assistance publique *.
Pour améliorer la santé de la jeunesse par Téducation physique, la France dépense 3 000 fois moins que la ville .de Paris pour les œuvres de bienfaisance, et 200 fois moins que l'État pour l'entretien des cultes.
L'exemple de la France est fatal à l'Italie ! Dans un discours, prononcé au Congrès international de l'Éducation physique à Paris, en 1900. j'ai démontré quel tort les institutions anormales de cette ville causaient, non seulement à la France, mais à tous les peuples latins qui sont accoutumés à suivre les exemples français. Mais il est impossible de construire de nouveaux gymnases et d'installer des champs de jeux à Paris, sans dépenser des sommes énormes ; l'éducation physique y est donc négligée, et tous les défauts que présente une gymnastique pratiquée d'une façon constante avec des agrès, s'y développent à plaisir ; aussi dans aucune ville, les palestres ne sont-elles plus mauvaises, et plus défectueuses.
Les Français, qui sont des maîtres incomparables dans
I . G. Demeny : Les bases scientifiques de l'éducation physique, Paris, F. Alcan 190f , p. 22.
Tari de vulgariser les sciences, possèdent de remarquables ouvrages sur Téducaiion moderne. L'un des premiers qui produisit en France une vive impression est celui que Pascal Grousset fît paraître sous ce titre : La vie de collège dans tous les paijs. Il intéressa surtout par la description de l'existence qu'on mène dans les institutions scolaires de la Grande-Bretagne. Publié en 1880, ce livre peut être considéré comme le point de départ du relèvement de l'éducation physique en France.
Le représentant le plus autorisé de la gymnastique rationnelle en France est certainement M. Demériy. Le récent volume oîi il a condensé ses études physiologiques. Les bases scientifiques de t éducation est Tune des meilleures œuvres préconisées par la bibliothèque scientifique internationale.
Vinrent ensuite les ouvrages du baron Pierre de Coubertin : V éducation en Angleterre et l" éducation anglaise en France^ avec préface de Jules Simon, et les Universités transatlantiques. Nous devons à l'activité infatigable du baron Pierre de Goubertin Tinstitution du Comité internatioïial olympique lequel a rétabli ces jeux si chers aux Grecs. Déjà, en 1878, s'était formée en France, grâce à ses soins, la Ligue nationale de l'éducation physique, La même année, sous Tinitiative du D"* Tissié, la Ligue girondine de l'éducation physique prenait aussi naissance. Les professeurs de l'Université et les autorités scolaires ne restèrent point étrangères à ce réveil, et une école normale des jeux scolaires fut installée dans le bois de Boulogne.
Le D** Tissié, qui, avec la collaboration de plusieurs col-