‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 50 sur 200 · ÉDUCATION PHYSIQUE EN FRANGE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION PHYSIQUE EN FRANGE

lègues, très compétents, vient d'écrire un beau volume sur réducation physique S est l'un des plus enthousiastes protecteurs de la nouvelle éducation.

Ce qui fait le plus défaut à celle-ci en France, c'est l'opinion du plus grand nombre. La jeunesse y est préoccupée par la nécessité de se faire une position, de trouver un emploi; les écoliers et les étudiants y sont fatigués par le surmenage intellectuel. Quant aux écoles, leur amélioration demanderait de grosses sommes d'argent que TElat n'inscrira pas de si tôt à son budget. Aussi l'éducation de la jeunesse tend-elle, peu à peu, à passer entre les mains des associations religieuses.

Les Français ont compris le péril qui les menace, et la rigueur déployée par les Chambres et par le Gouvernement contre les congrégations est une conséquence des craintes qu'ils ont conçues. Mais les mesures sévères prises contre les religieux et les religieuses resteront sans fruits si les particuliers ne se préoccupent point de l'éducation tant physique qu'intellectuelle. On va cependant déployer plus d'activité en faveur de la première. En cet instant même, et en imitation de l'Allemagne, se tient à Paris, la première assemblée de la Ligne des médecins et des familles pour ramélioration de lliycjiène physique et intellectuelle dans les écoles. Avec le temps, nous prendrons, nous aussi, la remorque, et nous arriverons peut-être à quelque chose, mais les derniers — malheureusement !

La lutte engagée sur ce terrain par la République française favorisera la rénovation physique d'un peuple qui^

i. Philippe Tissic : L'éducation physique, avec 460 gravures. Paris, libr. Hachette.

intellectuellement, tient depuis tant d'années, le premier rang dans le monde.

Mais, hélas ! il est à craindre qu'elle ne soit pas la plus forte ! L'argent est le grand élément de succès ; et tandis que les écoles de la République sont pauvres, celles que gouvernent les associations religieuses sont riches. En France, comme du reste en Italie, ce sont les ecclésiastiques qui possèdent les meilleures institutions.

Les grands philanthropes, les hommes bienfaisants, qui, par leur fortune et leurs actions, pourraient se consacrer à l'amendement des mœurs, manquent aux nations latines ; le paupérisme absorbe toutes les bonnes volontés. L'organisation de l'Eglise catholique est tellement inébranlable, qu'elle peut défier l'Etat; et son action se montre plus puissante et aussi plus menaçante, dans l'école que partout ailleurs. En voici la raison: les ecclésiastiques ne possédant pas de famille, ne sentant pas le besoin d'amasser une fortune, travaillent avec une plus grande discipline, une abnégation plus complète et pour un moindre salaire que les autres hommes. « L'or est le sang du sang » dit le peuple, et cet axiome s'applique aussi aux écoles. En faut-il un exemple ? La province de Turin est celle qui consacre le plus d'argent à l'instruction publique ; hé ! bien, tout naturellement, c'est elle qui compte en Italie le moins d'illétrés.

Si la France n'accomplit pas en matière d'éducation physique les rapides progrès que nous étions en droit d'espérer de son énergie, cela tient essentiellement, d'une part, à son

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