LES BATAILLONS SCOLAIRES
orientation militaire, et d'autre part, à l'institution dite des bataillons scolaires. Voici un vieil argument que j'ai développé, au cours de tout un chapitre, dans un de mes livres *. Il redevient de saison, il est vrai, puisqu'on a voulu faire revivre à Rome ces fameux bataillons. En dépit de son esprit militaire, esprit qu'exalte encore le désir d'une revanche, l'expérience, faite par notre voisine au sujet de ces bataillons, a démontré que cette voie ne mène à rien de bon. Les deux pays oîi l'éducation physique est la plus florissante, l'Angleterre et les Etats-Unis d'Amérique, ne connaissent pas la conscription militaire.
En ce moment oîi, en France, l'on vend aux vieux fers les fusils des bataillons scolaires, il en est qui demandent des mousquets au Gouvernement italien, afin que les écoliers vêtus en bersaglieri puissent jouer au soldat.
C'est l'influence de la caserne qui s'est opposé chez nos voisins au sérieux développement de l'éducation physique. Et le fait qu'il ne se soit point rencontré, parmi les membres du Parlement, un homme capable d'imposer une méthode rationnelle pour le développement physique, ce fait paralyse l'action des sociétés de gymnastique et de sport. Paul Bert et Jules Ferry eurent une claire vision de la nécessité qui s'imposait d'introduire une méthode scientifique dans cette éducation ; mais, malgré leurs efforts, la France se trouve à peu de chose près dans la même situation que l'Italie. Et en Italie pas un ministre ne s'est encore senti le courage d'aborder et de résoudre ce problème.
Il s'agirait de demander des fonds aux contribuables ; or,