‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 52 sur 200 · A. Mosso : L'éducation physique de la jeunesse, chap. vu · texte numérisé non relu

A. Mosso : L'éducation physique de la jeunesse, chap. vu

les ministres, n'étant poussés ni par Topinion publique, ni par Faction des partis, s'obstinent à ne point prendre Tinitiative d'une loi dont eux-mêmes, du reste, vont contestant l'utilité. Comme le propriétaire borné qui trouve plus commode d'abattre la forêt pour en vendre les arbres, que de reboiser la montagne dévastée, au profit de ses petitsneveux, l'Etat, sollicité par des nécessités urgentes, néglige les mesures qui ne promettent des résultats que dans un avenir éloigné. On dirait que semblable à l'homme imprévoyant, il n'a pas le temps d'attendre qu'une mesure porte ses fruits.

Chez les nations de l'Europe continentale, les jeunes gens sont entassés dans les collèges, et on aggrave encore le surmenage intellectuel dont ils souffrent, en leur refusant le repos, les di3tractions et le soleil. Cependant, on en arrive à comprendre que les fusils et les gibernes ne suffisent point à l'éducation de la jeunesse ; qu'il y faut encore le soleil et le grand air. On va partout criant : du soleil, de l'air !

Toutes ce^s publications qui invoquent le soleil comme le suprême remède pour la jeunesse anémiée, font remonter à ma mémoire Tanecdote d'Alexandre devant Diogène. Après l'avoir affablement salué, le roi demanda au philosophe s'il ne souhaitait pas quelque chose. « Écarte-toi un peu, lui répondit celui-ci, afin que je jouisse du soleil! » Et bien, loin de se sentir humilié par cette réponse, le roi dit à ses compagnons : « Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène M »

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