PROFESSEURS ITALIENS
dignité de Técole et celle de TEtat. Tant que l'Etat n'assurera pas à ses employés une existence modeste, soit, mais convenable, il ne peut exiger d'eux qu'ils remplissent intégralement leurs devoirs.
La négligence en matière d'éducation physique est tellement de règle dans nos collèges, que les chefs d'institutions ne prennent même pas le soin d'exiger qu'on respecte l'horaire prescrit par les règlements. On le pourrait, cependant. Mais ce qu'il est impossible d'imposer aux professeurs, dans l'état actuel des choses, c'est de se tenir au courant des progrès réalisés chaque jour dans l'enseignement gymnique, plus susceptible de progrès que les autres.
En Allemagne, les émoluments des professeurs de gymnastique peuvent, de quatre mille francs, monter jusqu'à six. Chez nous, 100 professeurs possèdent le maximum du traitement, c'est-à-dire 600 livres, et 300 ne reçoivent que 300 francs par année. Or, comme il est impossible de vivre avec de semblables traitements, certains, les plus heureux, se débrouillent comme ils peuvent, accumulant les emplois, professant d'une façon simultanée dans plusieurs instituts, et en somme donnant un enseignement parfois défectueux, à cause du manque de régularité dans l'horaire.
La minime rémunération accordée aux emplois de professeurs, telle est la cause du marasme où nous voyons l'éducation physique. On a toujours, hélas ! trouvé des malheureux pour accepter ces emplois, mais il est dangereux, il est déplorable que des fonctionnaires de l'Etat, auxquels est confiée l'éducation de la jeunesse, vivent dans une condition pareille de misère et d'avilissement. Lorsque l'on voit de simples sociétés de gymnastique, celle de Turin,
par exemple, porter les appointements de leurs maîtres jusque 1.500 francs, peut-on trouver juste que TEtat maintienne à 600 livres le maximum des traitements qu*il donne aux siens ?
L'éducation physique ne s'est point transformée en France parce qu'on Ta mise entre les mains des sous-officiers ; elle ne s'est point développée en Italie parce qu'on en a confié la direction à des maîtres élémentaires.
Le grand point, pour un pays, est d'être servi par des intelligences d'élite. Mais l'objectif n'est malheureusement pas facile à atteindre. Les conditions indispensables à l'application de la loi concernant l'éducation physique faisant défaut, le gouvernement concentra ses forces sur les écoles inférieures et primaires. Là, il lui était loisible de commander sans payer. Et ainsi on négligea par économie l'éducation d'une grande part de notre jeunesse à l'âge où l'exercice lui est le plus nécessaire.
Des maîtres élémentaires furent appelés au ministère pour diriger cet enseignement ; et ce fut une nouvelle erreur. Leur influence fut, en eSet, moins bienfaisante que ne Teût été, sur les écoles secondaires, un personnel d'ordre supérieur.
Le manque de culture chez ceux que l'on mit à la tète des services de gymnastique fut fatal à cet art. Si cette opinion semble sévère, qu'on veuille bien prendre la peine de consulter les documents publiés sur cette matière par le ministère de l'instruction publique. On se rendra compte