PROFESSEURS ITALIENS
combler les vides existants. Mais, lorsque le ministre de rînslruction publique annonce que les maîtres de gymnastique font défaut, personne ne bouge. En voici la preuve : dans une circulaire qui émane du département en question, on peut lire ceci : « Plusieurs écoles secondaires, appartenant à l'Etat ou subventionnées par lui, sont privées de renseignement gymnastique, ce qui est regrettable ! » Et ces temps derniers, Thonorable Baccelli, ministre de Tinstruction publique, signalait une face de la situation plus regrettable encore : « Nous devons déplorer, dit-il, que les fonctionnaires chargés de faire passer les examens de gymnastique n'aient pas été, sur tous les points du Royaume, à la hauteur de leur mission ; nous devons déplorer encore que ces examens aient été dirigés de telle manière qu'il devient impossible de se faire une juste opinion sur la compétence des fonctionnaires susdits, en tant qu'examinateurs de gymnastique. »
Ainsi donc, les examinateurs de gymnastique ont prouvé leur incompétence; le ministre lui-même prend soin de nous Taffirmer. Hé bien ! s'est-on préoccupé de suite des moyens à prendre pour former de bons professeurs, pour se procurer des examinateurs capables? Point du tout !...
De nouvelles écoles normales d'hommes me semblent indispensables. Car il serait bon de consacrera la culture de la gymnastique un terrain plus large et plus fécond. Elle s'étiole, à l'heure actuelle, emprisonnée dans notre école de Rome. Il est également indispensable de former un person-
nel plus instruit, et mieux averti que le nôtre, de Torientalion biologique où doit tendre l'éducation physique. Ce desideratum nous Tatleindrons en instituant de nouveaux centres d'études, afin que les écoles normales de gymnastique puissent participer à la vie des universités. Mais il existe un antagonisme tellement marqué entre les diverses méthodes de gymnastique qu'il sera bon de laisser aux professeurs une grande latitude dans leur application. Simplifier l'enseignement, telle est la tendance moderne. Un grand nombre de maîtres se forment un concept très faux de la gymnastique. Us dédaignent les exercices faciles et préconisent les plus durs. Ils se figurent en effet que pour être vraiment gymnastique, un exercice doit s'écarter des mouvements coutumiers.
L'introduction de l'agonistique dans les écoles exigera un très sérieux travail préparatoire. Il faudra recourir à des cours scientifiques, et demander aux professeurs, sortis des universités, une active coopération. Ce qui s'impose en premier lieu, c'est la décentralisation. Les progrès faits par la technique dans les diverses branches de l'éducation physique sont si importants, qu'un personnel enseignant plus nombreux et d'un ordre plus relevé nous devient nécessaire pour les appliquer.
Quelque supérieur qu'il soit, le directeur d'une école normale ne peut exceller en tout. Même quand il parviendrait à occuper le premier rang dans chacune des branches de l'enseignement gymnastique, il ne suffirait pas à mettre en forme tous les professeurs qui ont pour devoir de se perfectionner sans cesse.
L'éducation physique est un art complexe. Il mérite que