‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 57 sur 200 · ENSEIGNEMENT GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT GYMNASTIQUE

Ton s'occupe de lui comme des autres arts enseignés dans les universités. On lui doit de bons professeurs au même titre que Ton en doit aux facultés de médecine, de pharmacie ou d'art vétérinaire. La somme de science que Ton exige d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un vétérinaire, est loin d'être écrasante, qu'il en soit de même pour les professeurs de gymnastique. Un cours de six mois ou d'une année, qu'ils suivraient dans une école supérieure, pourrait leur suffire s'ils n'y étaient admis qu'après un rigoureux examen. Mais le gouvernement doit se préoccuper du personnel enseignant de ces écoles, afin que le professeur puisse perfectionner son instruction dans n'importe quelle branche de l'enseignement. Il fréquentera dans ce but les cours spéciaux qui devront être institués dans lesdites écoles. La gymnastique suédoise qui semblait parvenue à la perfection, s'est profondément modifiée, et la gymnastique mécanique de Zander ouvre à la médecine un champ nouveau. Le matériel des palestres se complique chaque jour ; d'autre part, les journaux sportifs répandent avec une telle rapidité dans le public les inventions nouvelles, ils le tiennent si bien au courant de la technique gymnastique, qu'un maître peut être facilement pris en défaut par ses élèves, s'il ne voyage pas, s'il ne s'adresse pas aux journaux et aux livres spéciaux pour se tenir au courant.

Dans sa Politique, Aristote déplore que la gymnastique ne se préoccupe pas davantage de la beauté des formes et du développement du corps. 11 reproche à l'Etat que l'édu-

cation physique donnée à la jeunesse sôit plus propre à former des professionnels de Talhlétisme que de bons citoyens. Deux mille ans se sont à peu près écoulés depuis Tépoque où écrivait le grand philosophe et la situation se trouve au même point.

Lorsque Diogène était précepteur des fils de Xénîade, à Corinthe, il ne voulait entendre parler pour eux d'aucun exercice athlétique, et leur défendait toute relation avec les pédotribes. Il ne leur permettait que les jeux et les exercices qui pouvaient être utiles à leur santé, qui pouvaient les développer et leur donner une belle tournure et un tempérament robuste \

Platon excluait les athlètes des emplois publics pour la raison qu'il les jugeait les moins actifs des citoyens. Il s'opposait même à ce qu'ils combattissent pour la défense de la patrie. A son avis, ils constituaient en campagne un embarras, car ils tombaient malades beaucoup plus facilement que les autres guerriers à cause du régime méthodique dont ils avaient 'habitude K

A ces arguments physiologiques tendant à interdire aux athlètes de participer au gouvernement de l'Etat, Aristoie en ajoute un nouveau. Il prétend qu'ils ont l'esprit très lourd, et qu'ils s'abrutissent par le continuel maniraent de lourds agrès, et par la vie monotone qu'ils mènent.

De nos jours encore, les médecins se plaignent des concours de gymnastique comme étant préjudiciables à la santé. Parmi les concurrents, il en est qui se soumettent à des fatigues exagérées et beaucoup en soufTrent, car une fatigue

i, Aristote : Pol. VIII, 3, 4.

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