‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 61 sur 200 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le socialisme qui tend à élargir les pouvoirs de TÉtat, et aussi ceux des collectivités a une existence très ancienne. Nos écoles modernes peuvent être considérées comme l'œuvre du socialisme d'État.

Jamais le problème de l'éducation ne fut discuté avec une plus grande largeur de vues et plus de compétence, que pendant la seconde moitié du xvn® siècle. A cette époque, on publia en Italie, comme partout ailleurs du reste, des ouvrages remarquables à ce point de vue. Parmi ces ouvrages, il me suffira de rappeler, chez nous, l'œuvre de Gaetano Filangieri.

J'ai extrais ceci : « L'ignorance et la misère du bas peuple ; l'état précaire où se trouvent certains parents, sans parler de ceux qui abandonnent leurs enfants; le travail assidu, considérable, auquel est astreinte la classe de citoyens qui vit des fruits de son labeur ou de ses talents ; la dissipation chez les riches ; les plaisirs, fils de la vanité et de l'ambition, chez les nobles; l'exercice des charges et des emplois publics chez les magistrats et les puissants; les

erreurs et les fausses maximes adoptées presque universellement et si opposées aux vrais principes de l'éducation; le sentiment même de Tamour mal entendu par les parents, et la faiblesse si fréquente qui en découle, cette faiblesse qui fait naître chez les enfants une sorte de lâcheté, une espèce d'anémie de Tàme oîi s'anihilent le courage, le sentiment de la responsabilité et la confiance que Ton doit avoir en ses propres forces; le peu de considération, le peu d'avantages matériels que rapportent à l'éducateur ses fastidieuses et délicates fonctions, et, d'autre part, l'excellence, la profondeur des qualités, du savoir, des vertus et du caractère moral que réclame ce sacerdoce ; toutes ces raisons ne nous démontrent-elles point, jusqu'à l'évidence, non seulement que nous ne devons attendre aucun fruit de l'éducation privée, mais encore que nous devons tout en craindre ^ ? »

De là vint la socialisation du régime éducatif. L'Etat organisa le monopole des écoles secondaires et de toutes les institutions destinées à l'éducation des jeunes gens ; et les communes miinicipalisèrent les écoles primaires, les écoles professionnelles, elc, etc.

On conte que Napoléon Bonaparte, encore premier consul, montrant le volume de Filangieri intitulé : Science de la législation^ aurait dit : « Voici notre maître à tous! » Cet éloge, l'auteur le mérite aussi dans ses Règlements pour l'édiication physique. Il y publia des normes pratiques fort importantes. Ces normes mériteraient de figurer en tète

1. Filangieri : La scienza délia legislazione. Libro. IV, capo ii.

2. Teresa Filangieri : // générale Carlo Filangieri, Milano, Fratelli Trêves,

Page 1