‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 64 sur 200 · Platon : Les lois, livre VIL · texte numérisé non relu

Platon : Les lois, livre VIL

celles qui nous inquiètent aujourd'hui : Dans révolution de l'esprit, le facteur le plus puissant est-il la nature ou l'éducation? Est-ce l'exemple et l'habitude ou la pensée et la morale qui agissent avec le plus d'intensité dans la formation d'une conscience? Chez une nature perverse, l'éducation pourra-t-elle changer le mauvais en bon? — Tels sont les vieux problèmes toujours irréductibles.

Après cinq siècles, Plutarque pouvait résumer ainsi la pensée des philosophes grecs : « En agriculture, on doit choisir un terrain fertile, un habile cultivateur, des semences de bonne qualité ; il en est de même pour l'éducation oîi la nature physique correspond au sol, où le maître remplace l'agriculteur et où les enseignements et les préceptes sont les semences ^ »

La pédagogie restera longtemps encore un art dans la pratique duquel on ne pourra séparer l'action physiologique ou individuelle de l'action sociale ; et toutes deux concourent à former par leur union l'atmosphère et le terrain dans lesquels croissent les hommes. Le physiologiste étudie seulement de quelle façon peut se modifier le corps. La physiologie possède malheureusement à son actif trop peu de faits indéniables qui puissent se prêter à une synthèse ; et cette science ne peut à elle seule former un corps de doctrine susceptible de devenir la pierre angulaire de Tart pédagogique. On ne peut comparer la physiologie à une

i. Plutarque : Education des enfants.

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