SCIENCE ET PHILOSOPHIE
lorsqu'il me fallait leur avouer que, malheureusement, certaines facultés de philosophie ne voulaient même pas entendre parler de ces enseignements, ils me demandaient à quels superstitieux scrupules elles pouvaient bien se cramponner.
Mais, ainsi que le fait remarquer Emerson, le pessimisme est préjudiciable. Et lorsqu^on veut juger des actions humaines, il est bon, pense-t-il, de se placer — comme on le fait pour voir un tableau — du côté où la lumière les éclaire le mieux. De cette façon, les qualités et les défauts, des choses, que Ton considère, nous apparaissent plus nettement ; et je dois reconnaître, qu'en somme, l'Italie est en progrès depuis ces dernières années.
Les nouveaux règlements universitaires de M. Nasi, ministre de Tinstruction publique, laissent une plus grande initiative aux jeunes gens. Ils permettent à « ceux qui ont suivi honorablement le premier cours biennal des sciences naturelles de' se faire inscrire régulièrement au second cours biennal de la faculté de philosophie. Cette disposition, dit Barzellotti \ rompt le cercle fermé et un peu cristallisé des études dans nos facultés. Elle répond « à l'un des besoins les plus intimes de la culture philosophique moderne, qui tend à s'assimiler, dans toutes ses parties, la substance des études scientifiques en progrès, et à en devenir, jusqu'à un certain point, la synthèse, l'intégralisation ». Les étudiants qui préparent le doctorat en philosophie s'intéressent, de plus en plus, à la connaissance du corps humain et aux études physiologistes. Et, si la psychologie expérimentale n'a
1. Barzellotti : Inlorno al nuovo regolamenle per la facolta di lettere e filosofia. H. Accademia dei Lincei, seduta del 18 maggio 1902.
pas pris encore dans nos universités la place qui lui convient, les temps semblent proches où elle deviendra Tan des cours essentiels de nos facultés de philosophie.
C'est la Suède qui donna le premier exemple de sollicitude à propos de Thygiène des écoles. De plus, en 1828, elle rendit obligatoire renseignement de la gymnastique, et dès 1832, des publications sur cette matière s'y firent jour. Depuis cette époque, elle a marché dans cette voie avec honneur. Sur cette question de Thygiène des écoles, il a paru à l'étranger des ouvrages importants qui restent inconnus aux étudiants de lettres et de philosophie de nos universités. Je citerai entre autres, le manuel très apprécié de Burgerstein et Netolitzki, dont la seconde édition vient de paraître '. En Italie, nous n'avons aucun livre à lui opposer, même médiocre.
Le ministre Nasi a institué, cette année, trois cours d'hygiène pédagogique, à Rome, à Naples et à Pise. Nous espérons tous qu'il voudra bien accorder aux autres universités la même faveur. Il serait urgent, en effet, de posséder des professeurs plus versés dans la technique de cette science, des hommes pratiques et qui auraient conscience de travailler à la rénovation de la société.
Si les nurses anglaises ont un si grand renom, c'est qu'elles ont appris à l'école des nourrices comment on s'y prend pour élever un bébé selon les règles de l'hygiène. Le temps n'est pas éloigné où l'on exigera que les professeurs connaissent, eux aussi, les principes de l'hygiène. Ne leur confions-nous pas les jeunes gens à une époque de la vie où
1. Handbuch der Schulhygiene, par Dr. Léo Burgerstein et Dr. Aug. Netolitzki. Jena, 1902, un volume de 1.000 pages avec 350 figures.