HYGIENE SCOLAIRE
le danger de prendre des maladies est le plus grand ? La connaissance des lois du surmenage intellectuel ; la connaissance de celles de la fatigue, de la propreté, de Téclairage, du chauffage et de la ventilation des écoles, de la distribution des heures de travail et des périodes de repos ; cent autres connaissances encore, indispensables aux professeurs, sont absolument mises en oubli dans les cours de nos universités. On a remarqué en Allemagne que pendant la durée des vacances, le morbilio donnait 4,054 p. 100 de cas de rougeole ; qu'il en donnait 11,865 pendant le premier trimestre scolaire, et 13,258 pendant le second. Quelques-uns s'étaient figurés que cette diminution des cas de maladies contagieuses pouvait être attribuée à l'influence de la saison d'automne, qui est celle des vacances ; mais le hasard ayant voulu qu'une année les écoles fussent fermées au printemps, à cause du choléra, on put constater, presque immédiatement, une notable diminution de ces cas.
Les altérations de la vue commencent presque toutes à l'école. Nous fatiguons les yeux des enfants en les faisant trop écrire, en les faisant lire sur des livres imprimés en mauvais caractères ou en caractères trop fins, et parfois sous un éclairage insuffisant. Quant aux déviations de la colonne vertébrale provenant d'attitudes vicieuses et à leurs désastreuses suites, elles relèvent d'une science que tout maître devrait posséder. La nature du bégaiement, les causes des troubles nerveux si fréquents dans la première jeunesse, enfin toutes les conditions normales de l'éducation physique, et toutes les règles essentielles de Thygiène des écoles devraient être vulgarisées parmi les éducateurs.
Le mode de développement du cerveau est lié de façon si étroite avec celui du développement de la pensée humaine, que, sans Taide de la physiologie, on ne peut expliquer la psychologie de Tenfant.
Il existe un art, la zootechnie, qui s'occupe de Tamélioration des races de nos animaux domestiques et préconise les meilleurs moyens d'élever et de dresser ces animaux. L'enseignement pédagogique ne tient pas compte de cette branche de connaissance, et cependant la zootechnie humaine appartient à la pédagogie. Plus la science de Téducation progressera, mieux se fondront entre elles la pédagogie, la biologie intégrale et Fhygiène. Et la pédagogie deviendra le centre d'attraction de toutes les connaissances positives qui peuvent servir à élever la nature physique et morale de Thomme.
Le progrès intellectuel et celui de la science de l'hygiène marchent sous l'impulsion de forces que Tonne s'explique pas à l'intérieur de Técole, mais qui y pénètrent du dehors, du dehors où s'agite la vie sociale. Et c'est pourquoi Tart de Téduçation sera renouvelé, du tout au tout, lorsque les professeurs, qui n'entendent point ces postulats nouveaux, seront considérés comme des techniciens défectueux, comme des fossiles qui veulent en vain rappeler à la vie un monde mort.
Le régime de l'école doit marcher d'accord avec les progrès de la science, surtout de la science de l'hygiène. Il existe dans l'homme une conscietice physique dont le maître
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doit connaître le langage, afin de pouvoir lui obéir. Et les temps sont proches où les professeurs se rendront compte de la faute qu'ils commettent en élevant Ja jeunesse sans connaître à fond leur noble métier, et où ils en auront du remords.
« Des mains de TEglise à laquelle elles appartenaient, les écoles secondaires ont passé à celles de TEtat; et la théologie, qui formait autrefois le centre d'études de ces écoles a cédé la place aux humanités. Mais TEglise possédait une pédagogie propre, fruit de sa doctrine, de ses coutumes et de son expérience millénaire. Elle avait la pleine, la claire conscience des fins auxquelles elle tendait, et des moyens à prendre pour les atteindre \ »
L'Etat laïque n'a point encore pourvu aux besoins modernes de la pédagogie ; et il ne prend nul souci d'organiser l'armée enseignante en vue des combats, qui, au cours de ce siècle, devront être livrés.
La stagnation de la pédagogie tient à deux causes spéciales : l'inertie et la religion. Je n'examinerai point la seconde; il est des convictions que nous devons respecter. Quant à la première, il va sans dire que la méthode historique est beaucoup plus commode pour le professeur. Avec elle, il peut borner son enseignement là et comme il lui plaît. Mais les nécessités de la vie se font de plus en plus pressantes, et bientôt les jeunes gens ne se contenteront plus d'un enseignement historique démodé.
Ce qui détermine la valeur d'une chose, c'est l'utilité de sa fin. Les écrivains allemands contemporains ont donné des