FÊTES ATHLÉTIQUES D'ATHÈNES
rait où le poète les avait pu voir; devant ces fresques découvertes par la mission italienne, nous les comprenons aujourd'hui. Elles rivalisent de perfection avec les plus riches décorations des villas de Pompéi.
Dans ses poèmes, Homère ne s'occupe pas de la gymnastique; il se borne à faire comprendre que les nobles et les princes devaient être des athlètes. Les « funérailles de Patrocle » nous décrivent leurs exercices dont le caractère était tout guerrier.
La gymnastique, du reste, peut se comparer à la grammaire. Celle-ci prend forme lorsque de nombreuses œuvres littéraires s'étant déjàproduUes, la langue parvient à un point de développement assez complet pour qu'il devienne nécessaire d'en extraire des lois et de les fixer. Que tout d'abord, l'éducation physique ait été donnée librement, et qu'ensuite soit né Fart gymnique, nous en trouvons la preuve dans ces faits qu'à Athènes, le gymnase avait été anciennement installé hors des murs, et qu'à Thèbes, le stade était assez distant de la ville. Nous apprenons aussi par un document nouveau qu'aux meilleurs temps de la République athénienne, les citoyens s'intéressaient avec passion aux exercices gymnîques./Il y a environ dix ans, on découvrait sur un papyrus égyptien du Musée britannique la constitua tion (T Athènes^ l'un des livres d'Aristote jusqu'alors perdus, et au paragraphe 60, ce livre mentionnait les alhlotètes^ magistrats qui composaient une commission de dix citoyens désignés par le sort. Ces magistrats assumaient la charge de diriger les jeux et les fêtes ; une seconde commission, cellelà élue par les suffrages du peuple, administrait les fonds destinés à ces mêmes jeux. Ces deux commissions demeu-
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raient en exercice quatre années. Ce témoignage d'Aristote suffit à faire comprendre combien les jeux gymniques furent populaires dans la capitale de TAtlique. A notre époque il ne viendrait certes à l'esprit de personne de tirer au sort dix citoyens pour en former la commision directrice d'un concours de gymnastique.
L'art primitif fut surtout décoratif et s'appliqua à Tornemenlation des temples plutôt qu'à celle des demeures particulières.
Il semble probable que les premiers sculpteurs aient été des prêtres œuvrant eux-mêmes les images des dieux. La reproduction des formes humaines relevait étroitement de ridée religieuse ; orientale par le style, elle était assujétie à un type hiératique. Ce fut l'éducation physique qui, en révélant un idéal différent, ouvrit à la plastique de nouveaux horizons. Privé de son influence, l'art grec fût demeuré froid : à cette époque, en effet, concevoir et exécuter l'image d'un être divin en des attitudes vives et tourmentées eût semblé une inconvenance. Mais, aux jeux olympiques, parmi les concurrents qui se disputaient les prix, lorsqu'un homme se rencontrait surpassant tous ses rivaux; lorsque sa vigueur, sa beauté, son énergie, sa résistance à la lutte et à la course le rendaient sacré aux Hellènes, ils souhaitaient que son souvenir ne restât point éphémère comme celui du jour consacré à l'applaudir ; ils voulaient perpétuer sa mémoire, et une statue lui était élevée près du temple de Zeus, fondateur de l'unité nationale.