‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 74 sur 200 · BIENFAITS DE L'EXERCICE · texte numérisé non relu

BIENFAITS DE L'EXERCICE

d'une façon régulière, à toutes les heures du jour, afin de connaître les modifications diverses qui peuvent survenir sous l'influence du repos, de la nourriture, enfin dans toutes les conditions possibles. Les résultats obtenus furent constants. Lorsque la personne soumise à Texpérience venait de se livrer à un exercice musculaire, de monter un escalier, par exemple, et de le redescendre plusieurs fois de suite, ou quand elle avait fourni une course, une marche aecélérée, nous observions immédiatement que son pas devenait plus long et plus pressé, comme si Ténergie de son organisme se fût accrue par le mouvement.

Le mécanisme de notre corps est donc bien plus parfait que celui des machines ordinaires. Celles-ci, pendant qu'elles marchent, brûlent du combustible et deviennent de moins en moins propres à agir; tandis que l'organisme animal^ après avoir travaillé un certain temps, se trouve plus apte à sa besogne.

Pour employer une image matérielle, les effets qui se produisent dans les machines à vapeur en action n'ont pas lieu chez Thomme également en action. Les cendres et les scories, en s'accumulant dans le foyer des premières, tendent à étouffer le feu qui engendre le mouvement ; en nous, au contraire, elles le ravivent et communiquent au mouvement une force plus grande.

La gaîté, la joie, en donnant plus d'intensité à la vie, produisent le môme résultat. Ce fait illumine d'une vive lumière l'intime essence des jeux. Les fonctions profondes de la vie ne dépendent, en aucune façon, de notre volonté, mais elles sont en relation avec des mouvements automatiques déterminés par les vaisseaux sanguins, les glandes ou

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les muscles lisses qui fonctionnent sans le contrôle de notre volonté.

Lorsque les larmes s'amassent dans les yeux, les paupières s'abaissent; ce mouvement réflexe est l'un des plus connus qu'il soit; de même, chacun a éprouvé que si un corps étranger s'introduit dans l'œil, la paupière de cet œil se ferme. Le moyen le plus simple de se rendre compte d'un mouvement réflexe des muscles consiste à percuter légèrement sur un point voisin de l'endroit où ils s'insèrent dans les tendons. Le professeur Lombard a étudié ainsi la contraction des muscles qui se terminent sur la rotule dans le genou. Il faisait placer les jambes du sujet de façon à ce que la cavité d'un genou couvrit la rotule de l'autre jambe dont le pied appuyait par terre; et tandis que le patient était assis (parfois il lui demandait de s'étendre], il faisait percuter par un marteau à pendule l'extrémité du muscle extenseur de la jambe. A chaque excitation, le pied se soulevait, et un appareil enregistreur, placé au bout des doigts de ce pied, indiquait la puissance de la contraction.

M. Lombard a remarqué que si le sujet avait de l'ennui, l'ampleur des mouvements diminuait, et que contrairement, elle augmentait quand il était content et de bonne humeur. Ces expériences jettent un rayon de lumière sur des phénomènes peu connus mais que les médecins avaient entrevus cependant. Paolo Mantegazza dit, en effet : « Tout exercice gymnastique ennuyeux et qui déplaît perd au moins la moitié de son efficacité médicale ^ »

1. Paolo Mantegazza: Uanno 3 000. Milano, Feratelli Trêves, 1897, p. 162.

Si quelqu'un me demandait quelle est la loi la plus importante qui ressort de l'étude comparée de la biologie et de l'art de l'éducation, je répondrais : D'abord prolonger la jeunesse 'y et^ ensuite^ retarder la vieillesse. Cet aphorisme devrait servir de guide toute la vie. Et si nous adoptions les habitudes d'activité qui retardent la vieillesse, nous rendrions service non seulement à nous-mêmes, mais encore à nos fils, auxquels nous ferions du bien, car en s'occupant d'eux davantage, nous leur donnerions une jneilleure éducation physique et intellectuelle.

L'étude de l'enfance et de la jeunesse constitue le côté le plus faible de notre pédagogie. Dans nos universités, on ne renseigne point nos étudiants sur la façon dont les peuples civilisés entendent les études pédagogiques ; et notre gouvernement n'a jamais fait non plus d'enquête scientifique touchant les conditions dans lesquelles se trouvent nos écoles. Il serait donc urgent d'étudier l'enfance et la jeunesse méthodiquement, de les suivre avec une attention éveillée des écoles inférieures et secondaires jusque dans les universités, les cliniques, les séminaires et les laboratoires, d'une part, et, d'autre pari, depuis les écoles primaires, à travers les boutiques et les travaux de la campagne, jusqu'à la conscription. Nous possédons d'excellentes enquêtes sur l'agriculture et les industries, mais tout nous manque, sous le rapport bien plus sérieux, du développement de la jeunesse italienne. Nous ne savons rien au point de vue de ses capacités intellectuelles, en tenant compte des diverses conditions

de climat, de milieu et de position sociale où elle se trouve.

Et cependant nous pourrions sûrement améliorer son éducation; sauver peut-être des quantités d'existence; conserver à la patrie d'immenses richesses, si la direction de nos écoles était mieux comprise, si nous étudiions avec plus de soin les relations qui existent entre la nature physique et la nature intellectuelle de notre jeunesse. La pédagogie sociale, n'en doutons pas, facilitera cette œuvre de rénovation.

Pour comprendre combien est vaste le champ ouvert aux investigations de la psychologie éducatrice, il suffit de considérer la conduite des autres peuples et surtout celle des Américains. Le D"" Townsend Porter^ a étudié 34.500 enfants dans les écoles des Etats-Unis, il commença ses études par les « jardins de bébés » pour les terminer aux écoles secondaires, et il mesura la taille, et constata le poids de tous en regard avec le développement de leur intelligence. Comme conclusion, il déclare qu'en moyenne les jeunes gens intellectuellement précoces, sont aussi physiquement mieux développés, c'est-à-dire plus lourds et plus grands que leurs camarades du même âge. A une capacité intellectuelle plus grande, correspond donc une plus grande supériorité physique.

Des recherches comparatives semblables ont été faites dans les écoles de Chicago. Le D' John Punton y a étudié les conditions physiques et intellectuelles dans lesquelles se trouvaient les jeunes gens de cette ville. U pense que l'on commet une erreur, lorsqu'on table sur l'âge d'un enfant pour juger de ce qu'il peut faire au point de vue des

i. Burk : Growthof children, in American Journal of psychology , vol. IX, 1898, ç. 295.

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