NÉCESSITÉ DES ÉTUDES SCIENTIFIQUES
dans un étroit rapport parallèle avec le développement des fonctions psychiques, examiner une ou plusieurs des cellules dont Taggrégat forme les circonvolutions cérébrales, siège des fonctions psychiques supérieures, est une chose facile : aucun de nos élèves de philosophie ne devrait donc se priver de contempler dans son intime structure, Torgane matériel de la conscience. Certes cela lui servira peu en vue de sa carrière. Mais le spectacle est poétique et engendre un sentiment presque religieux; on peut se dire en effet : me voici aux plus extrêmes confins de la mystérieuse matière qui constitue l'organe où s'élabore la pensée, et Tœil humain ne peut pas y pénétrer plus profondément.
Le microscope nous démontre que, lorsque les facultés psychiques s'accroissent, que lorsque le domaine des sens et de Tâme s'étend," des acquisitions matérielles et une évolution plus haute y correspondent dans le cerveau. Puis le travail cérébral devenant plus parfait, les cellules qui servent à l'effort intellectuel ont besoin de prendre contact avec d'autres cellules voisines ou même d'une région plus éloignée. Et plus ces rapports s'établissent lentement plus s'étendent et s'égalisent tardivement ces chemins qui font communiquer entre elles les cellules nerveuses, plus aussi seront fécondes et puissantes les fonctions intellectuelles.
La science moderne devrait servir d'introduction à l'étude de la philosophie puisqu'elle se fonde tout entière sur le concept de l'évolution et que l'évolution est la loi naturelle par excellence. Mais les écoles secondaires ne familiarisent
point leurs élèves avec ces habitudes expérimentales, parce que, dans les lycées, on leur enseigne, non les processus des recherches scientifiques et la technique des mensurations, mais seulement les résultats qu'ils ont produits et les lois les plus élémentaires de la science.
Personne ne sait donc à quel point sont importantes pour la science les méthodes d'expérimentation. Cependant ceux qui souhaitent avoir un concept clair et général des sciences actuelles doivent faire quelques expériences. Ils doivent, lorsqu'ils ont en mains les instruments qui servent aux plus minutieuses recherches, pouvoir se rendre compte de leur exactitude ou de leurs défauts. La physiologie peut fournir au philosophe les connaissances qui lui sont nécessaires au point de vue de la méthode expérimentale ; et il trouvera dans la psychologie les moyens de comprendre avec plus de facilité la nature des . phénomènes qui Tintéresseront plus particulièrement.
Il est malheureux que certaines convenances scolaires aient fait séparer renseignement des vérités philosophiques et métaphysiques de renseignement de la biologie et des sciences naturelles ; car toutes les connaissances effectives se tiennent entre elles, et elles se confondent toutes en une seule science, la philosophie, laquelle a pour objet l'interprétation des phénomènes de la nature. Les modalités du travail intellectuel (encore que son essence doive demeurer pour toujours un mystère) s'éclairent, de plus en plus, par Tétude des phénomènes physiologiques ; et la biologie devient l'un des compléments des sciences morales. C'est par l'étude Imaginative des fonctions organiques que l'on aperçoit, nettement, le plan de la création. Le philosophe