UNIVERSITÉS AMÉRICAINES
demeurer jeunes plus longtemps que les Européens. Chez nous, le plus grand nombre des jeunes gens se croient des hommes faits lorsqu'ils ne sont encore que des enfants, jet c'est un malheur. L'Américain ne connaît pas cette présomption; il continue, avec un redoublement d ardeur, sa préparation à la lutte, alors que notre jeunesse prétend finir son apprentissage et aspire déjà au repos. Entre le monde et Técole, il existe là-bas des relations réciproques plus étroites que chez nous, et des habitudes plus sociales en découlent.
Du reste, les écoles de musique, les sociétés chorales, les clubs, de fréquents concours sportifs des réunions dansantes et des fêtes établissent une étroite intimité entre les étudiants.
More life and fiiller : « Plus de vie, et une vie plus pleine » disent les Américains. Et ce ferment agite leur nation, la soulève et la féconde.
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Les conditions spéciales où se trouve l'Amérique ont favorisé singulièrement la vie sportive des Universités. Toutes possèdent de très vastes terrains et leurs bâtiments scolaires sont répartis, en général, dans des parcs verdoyants qui se nomment campus. Les étudiants, au sortir de Técole, ne perdent donc pas de temps pour prendre un peu Tair et se dégourdir les membres.
Dans le règlement des universités, à côté des heures de leçons, se trouvent indiquées celles pendant lesquelles les étudiants sont tenus de se rendre au gymnase ou au champ de jeux. Et lorsqu'il se fait inscrire — ceci a lieu dans
presque toutes les universités — l'étudiant doit passer à la visite du médecin et du professeur de gymnastique. Ceux-ci rédigent sa feuille biologique, et y indiquent les exercices qu'ils lui conseillent, et dont sa constitution semble avoir le plus besoin. A la fin de chaque année, les résultats obte-^ nus sont inscrits sur cette feuille. Ceci explique pourquoi les Américains sont aujourd'hui supérieurs à tous les autres peuples pour les recherches anthropométriques, et pour la connaissance des lois qui régissent la croissance de la jeunesse. Dans aucun pays, en efTet, on n'étudie avec une telle exactitude, et un tel luxe de statistiques, la forme du corps humain, chez le jeune peuple qui fréquente les écoles.
L'année scolaire débute par les exercices d'automne. Les étudiants se divisent alors par équipes de neuf pour le baseball, et de onze pour le foot-ball ; et ils se mettent aux ordres de leurs capitaines. D'autres groupes font du tennis. Eu hiver, quand la température, trop froide, ne permet pas de rester dehors, on se livre aux exercices du gymnase qui sont également obligatoires. Les plus usités, se pratiquent avec les massues. Le saut simple, le saut à la perche et surtout la course sont aussi très en faveur. Les salles dogymnase étant fort spacieuses, il existe au-dessus de la fenêtre du terre-plein, une galerie suffisamment étendue avec piste caoutchoutée, où les étudiants se livrent à ce dernier sport. Certains exercices empruntés à la gymnastique suédoise sont systématiquement réservés pour cette saison. Un piano accompagne souvent le cours de callisthénie *. Les armes sont assez négligées.
1. La Callislhenie est un mot grec qui veut dire : « Élégance dans la force ))^ le cours de callisthénie sert à donner aux jeunes gens une force élégante.