UNIVERSITÉS AMÉRICAINES
Mais dès les premiers beaux jours duprînlemps, les salles de gymnases sont désertées, el les étudiants vont dans les champs se récréer de nouveau de jeux qu'ils leur préfèrent. Les fonds, dont on a besoin pour faire face aux frais de réducation physique, àTexceplion du gymnase et du terrain nécessaire au champ de jeu, se recueillent à l'aide de souscriptions. D'autres moyens sont employés encore, ce sont des concerts, des lectures, des représentations dramatiques^ des ouvrages publiés, etc.
Les dépenses montent à des sommes considérables car on doit pourvoir aux frais de déplacement pour aller concourir avec des universités lointaines, ou donner l'hospitalité à de» confrères. Mais les concours, dans tous les cas, ont une telle importance, que les autorités universitaires ne peuvent y rester étrangères; et il est interdit aux étudiants de prendre part aux régates, aux courses et autres exercices qui ont lieu entre professionnels ainsi qu'aux matchs dont le caractère n'est pas exclusivement universitaire.
Lorsque je m'adressai aux secrétaires des universités américaines pour avoir leurs annuaires et programmes, je pus me convaincre aussitôt que Téducation physique y était tenue en plus grande estime qu'en Europe tant étaient nombreuses les notices qui me furent fournies sur les clubs athlétiques, les fondations de tout genre à l'usage des étudiants, et les concours sportifs. Les recteurs et les professeurs secondent cette propagande en faveur des jeux.
parce que du succès des concours dépendent le rang et la ^ renommée de leur Université. Ils ont même un intérêt matériel à faire en sorte que Téducation physique de leurs élèves surpasse en excellence celle des membres des autres universités, car il arrive que la population universitaire émigré de rétablissement vaincu, pour entrer dans rétablissement vainqueur.
Cette préoccupation constante de favoriser les récréations des étudiants est si étroitement unie à la volonté immuable de maintenir la discipline dans les études, que les Américains ont réussi à fondre ensemble ces deux tendances qui peuvent paraître à beaucoup de gens tout à fait opposées. Aussi y a-t-il bien des choses instructives à retenir dans les discours qui se font aux distributions de prix, dans les allocutions prononcées à l'occasion d'inaugurations quelconques, enfin dans les toasts qui ont lieu pendant les banquets des écoles. Je citerai les paroles prononcées à Washington à Tun de ces banquets par le recteur de l'Université de Colombie : « Je ne pense pas que les exercices athlétiques puissent entraver en rien le travail intellectuel des jeunes gens ou lui nuire. Je crois, au contraire, qu'ils constituent un profit décisif pour la jeunesse dont ils augmentent le fonds de santé, et chez laquelle ils développent la faculté mentale de Tapplication. Nous n'avons pas remarqué- que la passion des exercices athlétiques rende les étudiants indifférents à leurs progrès dans les classes, ou diminue leur application, ou encore exerce sur eux une influence qui les porte à choisir des études plus faciles. Nous avons dû conseiller souvent, au contraire, à nos meilleurs athlètes, de s'appliquer avec moins d'ardeur à l'étude, et plusieurs de