‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 82 sur 200 · SPORTS UNIVERSITAIRES · texte numérisé non relu

SPORTS UNIVERSITAIRES

nos étudiants, les plus diligents et les plus capables, comptaient précisément au nombre de ceux qui se distinguaient dans les sports athlétiques. »

Mais on n'en craint pas moins que Thabileté des étudiants dans tous les sports, et la fréquence des concours universitaires, ne les conduise à devenir des professionnels; et cette crainte de voir l'éducation physique aboutir au métier est si grande, qu'il leur est défendu d'accepter les rabais qu'on leur offre sur les tarifs des chemins de fer, le logement gratuit dans les hôtels et les autres avantages qu'on leur offre pour les attirer dans diverses villes, où ils donneraient en spectacle leur valeur athlétique. Les sports doivent être un divertissement, un jeu d'amateurs: il faut en écarter tout ce qui sent la profession ou le gain, si l'on ne veut offusquer leur noblesse.

En Amérique comme en Angleterre, les victoires remportées par les étudiants dans les luttes athlétiques ont plus d'importance que toute autre distinction académique. Toutefois il existe à cet égard, une grande différence entre TAngleterre et l'Amérique. Tandis que l'étudiant et le public anglais n'ont, par année, qu'une seule de ces fêtes sportives, le concours des régates entre Oxford et Cambridge, aux Etats-Unis ces rencontres sont beaucoup plus fréquentes. Tous les sports y sont cultivés avec enthousiasme, et pour chacun d'eux, il y a des concours entre les diverses universités. Le tennis est de tous les jeux celui qui compte le plus d'adhérents, puis viennent le foot-ball^ le base-bail^ le canotage et le cricket.

A l'Université de Harvard, il y a de douze à treize cents inscrits dans les différents clubs oîi Ton se prépare aux

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luUes sportives ; les autres étudiants se contentent des exercices du gymnase.

Il est difficile de se faire une idée de ces spectacles grandioses, si l'on n'a point vu la foule accourir de tout le pays et se presser dans les arènes à l'occasion d'un concours universitaire. Comme, aux temps de la Grèce, les divers Etats de THellade se disputaient la supériorité dans l'éducation physique, les universités américaines rivalisent de zèle pour conquérir la palme du championnat.

Dans le monde sportif américain, il existe un fort courant d'opinion favorable au rétablissement, dans les concours universitaires, des jeux olympiques comprenant la course, le saut, le lancement du disque et du javelot, le pugilat et la lutte à mains plates.

A Philadelphie, le stade, où ont lieu les jeux de l'Université, est entouré de gradins de bois qui donnent place à 40 000 spectateurs. Les universités de Yale et de Harvard, dépensent, chaque année, 150 000 francs chacune pour l'entretien des exercices et jeux athlétiques; quant aux petites universités, qui ne peuvent disposer de sommes aussi considérables, elles limitent leurs exercices à un ou à deux, pour avoir plus facilement l'espoir d'être victorieuses.

Les concours des étudiants passionnent si fort le public que. Tannée dernière, à New-York, pour un match de football^ 150,000 francs de droits d'entrée furent encaissés. Les étudiants abandonnent quelquefois toute l'administration de ces spectacles à des impressarii, et, tous frais payés, la recette est affectée aux associations athlétiques universitaires. L'utilité de ces concours publics entre étudiants est, j'ai pu m'en rendre compte, le seul point où mes collègues

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