SPORTS UNIVERSITAIRES
d'Amérique ne sont pas d'accord. Il en est qui, tout en admirant ces luttes sportives, craignent qu'elles ne passionnent trop les jeunjss gens et le public.
« L'excès produit l'excès, me disait un ami de Boston. Les journaux font une telle réclame aux concours des étudiants, ils enflamment à tel point l'enthousiasme public qu'ils le poussent à un degré d'exaltation extrême. Les organisateurs de ces concours et ceux qui prennent part aux jeux ont*de si grandes satisfactions d'amour-propre, les vainqueurs sont tellement accablés d'éloges, tant de fêtes et de banquets s'ensjaivent, que nous commençons à nous inquiéter de ces fêtes universitaires. Non seulement l'athlétisme triomphe, mais il y a les dépenses colossales, les déperditions d'énergie, la dissipation qu'apportent, partout oîi elles se tiennent, ces luttes sportives, de véritables cyclones ! » .
J'ai eu occasion d'en causer avec quelques-uns des étudiants célèbres dans l'agonistique universitaire, et comme je leur confiais les préoccupations de certains de mes collègues, ils m'ont répondu en souriant : « Il y a des pessimistes qui voient tout en noir. Nous avons pour nous l'appui du peuple, et son instinct fait notre force. L'admiration qu'il professe pour les concours universitaires exerce une influence des plus bienfaisantes sur le sentiment patriotique; et il n'y a pas à tenir compte des légers inconvénients que peuvent causer les dangers physiques auxquels nous nous exposons, et la perte de quelques semaines d'école. Tout ce qui peut contribuer à faire naître des habitudes nobles et fortes et à les répandre parmi le peuple rentre dans l'éducation nationale. L'admiration du public pour la force et
l'adresse, la sympathie qu'il témoigne à ceux qui vouent leurs meilleures années au culte de la vigueur physique, autant de sentiments recommandables, car ils peuvent contribuer à Tamélioration du caractère national. »
Le recteur de TUniversité de Harvard, l'illustre Eliot, qui est à la tête de cette université, la plus ancienne de TAmérique, et celle qui donne le diapason à toutes les autres, en parlant des dangers qu'entraîne Tathlétisme, disait : « La dyspepsie est plus dangereuse qu'une contusion à la jambe ou une foulure du pouce ; refTéminalion et le vice sont des maux plus grands que ceux que peut causer la force brutale. »
L'athlétisme est une maladie qui porte en soi son remède. Car un jeu athlétique prend -il ascendant sur le peuple au point de procurer un gain, de devenir un métier, les amateurs Tabandonnènt et se tournent vers des exercices nouveaux. C'est peut-être pour cette raison que Ton voit prendre aujourd'hui une extension si rapide au jeu de golf ^ qui nécessite des surfaces très étendues de terrain accidenté, et ne se prête pas aux spectacles publics à cause des accidents même de ce terrain ; les balles rebondissent parmi ces vallonnements chassées par les coups de crosses, avant d'arriver au trou où se décide la partie.
Lorsque j'étais au milieu des forêts d'Amérique, me reposant à Tombre des arbres qui entourent quelque champ de golf, une visite autrefois faite au château de Chantilly rêve-
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