JEUX SCOLAIRES ALLEMANDS
écrit un livre. Les Allemands ont si bien réussi dans leur dessein qu'il existe aujourd'hui une émulation vraiment passionnée pour les jeux, même parmi les élèves des gymnasiums et des écoles secondaires.
A Theure actuelle, dix universités possèdent en Allemagne un champ de jeux, et seize ont une palestre. C'est un fait important, et il faut espérer qu'en Italie le ministre de l'instruction publique dotera les universités des mêmes institutions. Mais le gouvernement ne pourra rien, si les étudiants restent inactifs. En Allemagne, les associations sportives, à l'instar de celles de l'Angleterre et de l'Amérique, commencent à devenir florissantes. Parmi les plus en vue, nous signalerons celles de Breslau, de Brunswick, de Bonn, de Charlottembourg, de Gœttingen, de Halle, de Hanovre, de Marburg, de Munich, de Stuttgard et de Wurzbourg.
Après la défaite de trois armées consulaires en Germanie, lorsque César-Auguste y eut perdu ses- trois légions de Varus, détruites par Arminius, Tacite écrivit son livre sur la Germanie pour démontrer que les mœurs des barbares surpassaient de beaucoup en excellence celles des Romains. Et son axiome : Sera juvenum venus eoque inexhausta pubertasy est demeuré célèbre. Depuis lors, chaque fois qu'un peuple a éprouvé des revers en Europe, il s'est rencontré des écrivains pour rechercher la cause de ces revers, et celle du succès de la nation victorieuse, dans l'éducation de la jeunesse. Le livre d'Edmond Demolins : A quoi tient
ta supériorité des Anglo- Saxons^ publié en France, fut Tun des derniers ouvrages qui aient éveillé l'intérêt des éducateurs. Et maintenant, après la guerre malheureuse des Anglais contre les Boërs, le grand philosophe Spencer a voulu, lui aussi, trouver dans l'éducation de la jeunesse anglaise la cause des revers éprouvés, en maintes batailles S par les armes britanniques, en dépit de la supériorité du nombre. De tous les écrivains modernes. Spencer est peutêtre celui qui contribua le plus à la diffusion de Téducation physique ; et c'est lui qui formula ce fameux axiome : « La première condition de succès en ce monde est d'être un bon animal ; et la première condition de prospérité pour un peuple est d'être composé de bons animaux ^ ». Ce fut également Spencer qui affirma Texistense d'une moralité physique^ et indiqua les maux qui affligent les hommes et les nations lorsqu'ils ne veulent pas tenir compte des lois de la nature ; et il ajoute que tout préjudice porté à la santé par un travail exagéré constitue un péché physique. Mais Spencer ne s'est pas contenté de faire de la propagande par ses écrits en faveur de l'éducation physique, il a prouvé par l'exemple d'une vie qui dépassa beaucoup la quatrevingtième année, combien sont favorables à la santé les exercices musculaires.
Il était connu à Londres cî)mme un infatigable joueur d^ raquette ; et tous admiraient au tennis la sveltesse qu'il avait su conserver dans un âge tardif. En Ecosse, où Spencer se rendait de préférence pour se livrer au travail, il passait l'été sur les bords d'un lac ; là, par système, il faisait alterner,
i. Facls and Comments^ Londres, 1902, p. 138. 2. De Véducation, Paris, F. Alcan, 1882, p. 233.