IDEES D'HERBERT SPENCER
chaque matin, une demi-heure ou quinze minutes de travail intellectuel, avec un laps égal de temps donné à Texercice de la rame.
Spencer a critiqué sévèrement la vieille gymnastique allemande, et dans son dernier livre, il dit encore : « Il est un fait certain, c'est que l'activité musculaire déployée aux jeux gymniques, dont la gaîté est l'inévitable compagne, fortifie autrement Torganisme que la même quantité d'effort fournie sous forme de pure gymnastique. » Un grand nombre de personnes ont interprété à tort comme un jugement défavorable à l'éducation physique, certaines pages où Spencer attaque Tathlétisme. Les reproches qu'il lui adresse sont exactement semblables à ceux que j'ai formulés moi-même contre lui, voici déjà dix ans, dans un chapitre intitulé : Gymnastique athlétique ^ Ce chapitre contient les mômes idées, et je dirai presque les mêmes mots, qui viennent d'être publiés par le grand philosophe anglais. 11 est vrai que, venant de lui, ces idées et ces mots acquièrent une signification incomparablement plus importante.
Certes, en Angleterre comme en Amérique, il est des jeunes gens qui consacrent au sport une part trop importante de leur vie, et tout excès est pernicieux. Mais en Italie et en France, il ne s'agit pas de combattre l'exagération en fait d'exercices physiques, il faut plutôt lutter pour que l'on exécute dans les écoles le minimum de mouvements musculaires indispensables au développement harmonique du corps, indispensables aussi à la santé. C'est le péril de la nonchalance, et non celui du surmenage physique, qui nous