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LA PHTISIE DANS LES ÉCOLES

public, et ensuite que nous prissions le goût des métiers et des arts manuels. En attendant, et à cause de l'incurie du Gouvernement et des Municipalités, les écoles constituent moralement et intellectuellement un péril social; de plus, étant donné la façon dont elles sont tenues, on peut affirmer qu'elles portent une sérieuse atteinte à la santé de la jeunesse. Voici une preuve de cette grave accusation. L'Annuaire statistique italien, qui fournit les chifTres de la mortalité pour chaque profession, accuse ce fait terrible que les élèves des écoles et des facultés sont décimés par la phtisie dans de plus inquiétantes proportions qu'aucune autre catégorie de citoyens. Sur 100 étudiants décédés entre quinze et vingt- cinq ans dans la dernière période quinquennale, cinquante ont succombé à des affections tuberculeuses; tandis que sur 100 mâles, pris dans toutes les conditions sociales , et également morts durant cette période entre quinze et vingt-cinq ans, 34 seulement ont été emportés par des maladies de poitrine. Le nombre des victimes frappées par la tuberculose est donc bien plus élevé dans les écoles que dans n'importe quelle autre profession. Et si Ton considère que les étudiants, mieux nourris que les ouvriers, sont par conséquent mieux armés contre l'infection du fléau, la gravité du péril auquel nous exposons volontairement nos fils dans les écoles, nous apparaît plus inquiétant encore. Si une trop grande partie des étudiants meurent de phtisie, nous devons cependant nous rappeler qu'aucun ne naît phtisique. Les parents ne transmettent pas la phtisie aux enfants avant leur naissance. C'est seulement après qu'ils la leur donnent par le contact. Et souvent ce sont des personnes étrangères à la famille

qui coiruimniquent cette maladie' aux bébés, en commençant par l'accoucheuse qui, à peine nés, leur souffle dans la bouche, et en continuant par la nourrice, les alliés et les connaissances qui se croient obligés de les embrasser sans cesse. Ces causes d'infections agissent sur tous, pauvres ou riches; mais le vrai levain de la tuberculose, nous devons le chercher dans les écoles, oîi les germes se répandent partout par les crachats, et du fait de la gymnastique. Le manque de propreté, la négligence que Ton apporte à observer les lois de Thygiène, de longues heures passées en nombre dans deâ locaux resserrés, telles sont les causes qui amènent les bactéries des malades à attaquer ceux qui se portent bien. Et ces germes, se cultivant, se multipliant avec une épouvantable rapidité parmi la jeunesse des écoles, produisent dans les classes riches une effrayante mortalité, une mortalité qui les accable d'un plus lourd tribut que celui que doivent payer à la mort les paysans et les pauvres.

Le Gouvernement, les Municipes, les particuliers mêmes, tous sont responsables des ravages terribles que fait la phtisie dans les écoles^ Et si les médecins et les philanthropes ont un devoir sacré, c'est celui d'amener le public à la pratique des précautions nécessaires pour sauvegarder la société et les classes dirigeantes de ce fléau.

Avant tout, il convient que les enfants soient moins foulés dans les écoles. Il faut qu'on s'inquiète de rendre cellesci plus saines, d'y faire pénétrer plus de lumière et de soleil. Le service de surveillance des médecins doit y fonctionner plus soigneusement aussi afin d'en éliminer les jeunes gens contaminés par la maladie. Il sera bon d'alléger

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