‹ Les Exhumations Médico-Légales: État de conservation des CadavresChapitre 6 sur 18 · PE · texte numérisé non relu

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nœuvres criminelles, il sera encore possible de

retrouver sur l’utérus les traces d’une perforation.

Dans les cas d’infanticide les exhumations seront aussi très utiles. Car les cadavres des enfants nouveau-nés, surtout s'ils n’ont pas respiré, résistent longtemps à la putréfaction ; on peut alors déterminer si l'enfant a respiré ou non, son âge, les causes de sa mort.

Les exhumations donneront de bons résultats dans les cas d’empoisonnement. Il sera ordinairement très facile d'identifier le poison soit dans l'estomac ou dans les anses intestinales, soit dans les détritus qui resteront de chaque côté de la colonne vertébrale, soit dans la terre environnante s’il ne reste plus qu'un squelette. C’est précisément à cause de cette grande facilité d'identification des poisons que les empoisonnements criminels deviennent de nos Jours de plus en plus rares. On pourrait toutefois rencontrer de sérieuses difficultés, si l’on avait affaire à un cas où la mort résulterait de l’introduction dans l'organisme de toxines microbiennes ou de ptomaïnes. Pour ces dernières surtout on ne saurait dire si ce sont des ptomaïnes étrangères ou si elles se sont formées sur place pendant le processus de putréfaction.

La question du danger des exhumations a été soulevée par les anciens auteurs, tels que Fodéré et Devergie, qui apportaient à l’appui de leur thèse une série d'observations tendant à bien faire ressortir ce danger. Mais déjà Orfila, après

avoir revu ces différentes observations, estime qu’il faut attribuer ces accidents à d’autres causes. € Les observations qui précèdent » dit-il, « ne

nous semblent pas toutes propres à prouver le danger des exhumations ; il en est en effet qui nous paraissent panel d’autres offrent des détails évidemment exagérés et les accidents graves qui y sont mentionnés ne sauraient être attribués aux exhalaisons putrides. » En effet, ni Orfila, ni les fossoyeurs, ni les de ou trois élèves qui lassistaient, n’ont jamais éprouvé d’incommodités au cours des exhumations qu'ils ont faites en grand nombre, sans précaution aucune, pendant les grandes chaleurs et à toutes les époques de la putréfaction.

Fodéré estime même que, dans les cas de putréfaction avancée, les exhumations sont non seulement dangereuses, mais inutiles et « que les gens de l’art ne peuvent être obligés à un examen qui serait autant dangereux pour leur vie, qu'inutile pour les éclaircissements que l’on veut obtenir ».

Il est facile de comprendre les accidents survenus autrefois et les dangers que l’on attribuait aux cimetières, si l’on considère le mode d’inhu- . mation employé en ces temps et la mauvaise installation des lieux de sépultures : Les cryptes étaient creusées à faible profondeur en-dessous du sol des églises dans lesquelles les gaz pénétraient facilement (Wegmann et Ercolani) ; dans le cimetière des Innocents on inhumait des cadavres à raison de 12 à 1.500 dans une même

fosse et celà pendant des siècles, de sorte que le terrain du cimetière était surélevé de plusieurs mètres sur les environs et que les cadavres faisaient irruption dans les caves des maisons avoisinantes (du Camp); à Naples on ouvrait chaque jour une des 366 fosses et on y Jetait

90 à 30 nouveaux cadavres sur des restes non

encore complètement putréfiés (Weymann). Ces

conditions défavorables n’ont pu cependant

donner lieu à des accidents sérieux.

Aujourd’hui nous savons que les dangers de procéder à une exhumation dans les cimetières bien installés sont nuls. Les accidents, que l’on a observés dans quelques cas, semblent être dûs à la raréfaction de l’air plutôt qu’à la toxicité des gaz dégagés. Ces gaz d’ailleurs ne sont fétides et pénibles à respirer que dans les premiers jours de la putréfaction.

Il est donc inutile de répandre dans la fosse des substances désinfectantes, comme Île recommandent beaucoup d'auteurs, car elles pourraient fausser les conclusions de l’expertise, surtout s’il s’agit d’un empoisonnement.

La putréfaction ou un danger d’infection ne doit pas empêcher le médecin de procéder à une exhumation, car la vocation du médecin comporte en elle-même toujours un certain danger d'infection et il est du devoir du médecin de s’y exposer. [Il pourrait tout au plus trouver une excuse dans Le fait qu'il porte à la main une lésion ou qu'il doit pratiquer peu après une opération chirurgicale ou faire un accouchement.

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