‹ Les exilésChapitre 4 sur 13 · II · texte numérisé non relu

II

— Ah! ah! mademoiselle, vous ôles folle, dit ma lanlc avec un rire plein de colère et de mé])iis.

Je ne répondis pas et je me lovai pour prendre congé.

Elle se ravisa.

— Restez, me dil-el!e, je réOrchis; vous êtes un enfant sauvage nourrie dans la solitude de rêves romanesques; le aî(jnde dissipera vos visions: avant trois mois, ma chère, voire bel élranger ne sera !)lus pour vous qu'un importun; je consens à le recevoir en attendant que vous me demandiez de lui fermer ma porte.

Je souris.

— Dès aujourd'hui vous allez vous établir chez moi,

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Je consentis , non pour salisfaire son désir, mais pour complaire à la fantaisie de Lorenzo.

— Vous avez lîue belle voix , reprit ma tante, je donnerai un grand concert une fois par semaine, on vous y admirera ; nous irons chaque soir dans le monde; durant le jour nous ferons ou nous recevrons des visites ; j*en suis sûre, vous me remercierez bientôt de la belle vie que je vous aurai faite.

— Je vais écrire, madame, à M. Lorenzo iNivelio, qu'il peut se présenter chez vous ce soir.

— Non, pas ce soir, mais demain, jour où je reçois; dit ma tante d'un air pincé, mais

1^ vaincu; elle avait compris qu'il était inutile de combattre ma résolution.

Après cette conversation , ma tante me fit

conduire dans rapparlemcnl que je devais occuper.

Je n.e demandai ce qui avait pu la délerminor à nie garder auprès d'elle, je ne me l'expliquai (pie plus lard : son cercle diminuait, elle ne com})lait plus parmi ses fidèles que quelques vieux amis; la jeunesse élégante fuyait celle femme sm* le relour, qui ne savait j)as vieillir, et conservait encore d étranges prétentions ; elle pensa que je ramènerais auprès d'elle ce monde sans lequel elle ne pouvait pas vivre; et comme il lui faN lait avant tout du bruit et des [)laisirs , elle condescendit à ce que je fusse l'allrait de ses fêles, pourvu qu'elle en prît sa part.

Quand une femme ne se résigne pas aux jours du déclin, aux goiits de la solitude, de la famille ou d'une douce intimité; le vide de son cœur, le délaissement > l'ennui, l'entrai-

ncnl à immoler tous ses scnlimcnîs, mémo son amoiu-propi'o, au besoin c](^])laire encore.

Le soir même ma tan le fil de nonibrcuses invilations pour sa soirée du lendemain , quoiqu'elle n'engageât, me disait-elle, qu'en petit comité, et seulement pour me faire entendre à ses intimes. Moi , je ne songeai qu'à une chose, au bonheur que j'aurais de revoir Lorenzo, de chanter devant lui, de me parer pour lui et de lui paraître bien. Je lui envoyai l'invitation de ma tante par ma gouvernante; il me répondit une lettre tendre et charmante, et me promit qu'il viendrait. Le lendemain, les salons de ma tante étaient éblouissants de fleurs et de lumières; tous les conviés répondirent à l'appel ; la curiosité de voir la pelite nièce orpheline, que la riche duchesse adoptait et qu'elle doterait probablement plus lard, préoccupait tous lèses-

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prils ; quand je chuintai, je fus unaniii.emcnt apjilaudie; on se récria sur mes grâces et mes lalenls, on m'accabla de louanges; tous les regards étaient fixés sur moi, mais je n'entendais et ne voyais que Lorenzo. Je remarquai que les yeux des autres femmes s'arrêtaient aussi sur lui; plusieurs paraissaient admirer sa noble tournure et la beauté de ses traits ; je souffrais de ces regards, et je m'apercevais que Lorenzo souffrait aussi de ceux que les hommes jetaient sur moi : nos âmes, étroitement unies, étaient ma! à l'aise dans ce monde étranger et hostile à notre amour ; aux sentiments que nous avions l'un pour l'autre, il fallait la solitude, les majestueux tableaux de la nature ou l'imposante réunion des chefs-d'œuvre de l'art, la foret de Fontainebleau ou la galerie du Louvre.

Que de fois, durant ces trois mois de cap-

lîvité mondaine, je m'échappai do la maison de ma larûo pour aller passer quelques minutes avec l^orenzo , soit au parc iMonceaux , soit dans la vallée d'Asnièrcs, et plus souve.it 3ncore sur la terrasse de Tappartement de non père, où s'attachaient pour nous tant do souvenirs 1 Ces douces et rapides entrevues me donnaient seules la force de subir jusqu'au terme l'épreuve commencée.

Les fêtes se succédaient pour moi chaque soir; j'y allai sans trop d'ennui, car j'avais la cerlitude d'y rencontrer Lorenzo ; à ma grande surprise, ma tante l'avait présenté de fort bonne grâce à toute la haute aristocratie, elle l'engageait même chez elle à dîner et pour nos promenades, mais elle avait grand soin de l'éloigner de moi; soit à table, soil en voiture, elle lui offrait une place auprès d'elle et me donnait toujours pour chevalier quelque con-

S('ill(M' d'illal on ({uclquc pair d<' TrancM^, dont elle nuî van lai l j)()!n{;oMSomcnl la forliine cl IVspril. Je ne conlcslais jamais lo mcrito de ces messieurs , mais j'élais si conslamment occupée de Lorenzo , tandis qu'ils me parlaient, que je devais, en vérité, leur paraître fort sotte. Chaque semaine, ma tante ne manquait pas de me faire quelque proposition de mariage de îa pari de ces illustres prélendaîHs. Je demeurais impassible, mais je lui répétais toujours irrévocablement :

— Vous savez bieq- que cela ne se peut pas, puisque j'aime Lorenzo.

Un jour, je ne sais pourquoi, celte réponse obstinée l'irrita plus que de coutume,

— - Eh! qu'a-t-il donc, me dit-elle avec aigreur, pour que vous l'aimiez ainsi?

— Eh! ne le voyez-vous pas, madame, il a

le cocdr io plus clcvo, respiit le plus aimabl'j 1 puis, il est l)(îau, aussi beau que son ame est belle !

— Oui, il est bien beau! répéla-t-elle avec une inflexion de voix qui me fît tressaillir.

Depuis ce jour, je ne sais pourquoi, j'étais mal à l'aise qiîand Lorenzo venait chez ma tante 1 1 qu'elle l'accueillait avec une sorte de faunliarilé. Deux semaines encore, et je serais li])re 1 libre de partir avec lui ; mais ces deux semaines me paraissaient un siècle.

Un malin, je suppliai Lorenzo d'abréger l'épreuve et de nous éloigner à l'instant de la maison de ma tante, de fuir ce monde, ennemi de nos si ntiments.

— Je le désire maintenant autant que vous, me dit -il sans vouloir s'expliquer, mais c'est impossible encore ; en venant habiter chez

voire lanlc, vous vous êtes iiiisc pour ainsi dire sous sa tulelle,el elle ferait valoir ses droits si vous la cjuilliez avant l'heure accomplie de votre majorité.

Je me résignai , mais je voulus passer dans la retraite et le recueillement ces jours d'attente de mon bonheur; je ne sortais plus que pour voir Lorenzo , et je ne descendais au salon que lorsque j'avais la certitude de l'y rencontrer. Enfin le terme arriva; il y a de cela trois jours, vous voyez que je touclic à la fin de mon récit; la veille, j'étais convenue avec Lorenzo qu'il viendrait le lendemain malin, jour ou j'aurais vingt et un ans, annoncer à ma tante notre mariage. Je me levai dès l'aube. A dix heures, ma gouvernante me prévint que Lorenzo arrivait. Je descendis pour le rejoindre , je traversai le salon sans être entendue, et j'arrivai sur le seuil de la porte de

Ksatsr^.wr-rsiL

la chambre d(3 ma tante, où Lorcnzo venait crêtre introduit. Je l'entendis qui disait à ma tante :

— Vous le voyez, madame, Glaire est entièrement libre, et ce mariage se fera, que vous y consentiez ou ïion.

— Oh! malheur! malheur! s'écria-t elle avec rage.

Puis elle ajouta :

— Eh bien ! oui , ce mariage se fera ; mais du moins vous ne me fuirez pas, vous vivrez ici, je vous verrai , je pourrai ..

Et faisant un pas vers Lorenzo , elle l'attira vers elle comme si elle eût voulu l'embrasser. Pour toute réponse, Lorenzo la repoussa rudement, en s'écriant :

— Oh ! madame!

El dans celte cxclamalioii il y avait lant de mépris, d'élonncment et de fierté, que je devinai presque ce que je ne pouvais pas comprendre. J'entrai dans la chambre.

— Sortez d'ici, Claire , me dit Lorenzo, il est des tableaux obscènes et de mauvais livres que vous ne devez pas regarder.

A ces mois, il prit mon bras et nous traversâmes ensemble le salon ; ma tante se rua vers nous comme pour arrêter notre fuite, et m'accabla de malédictions qui me parurent plus bouffonnes que tragiques.

Que nous fûmes heureux en nous retrouvant ensemble et libres!,., libres enfin de nos actions, libres dans noire amour!

— Partons pour Fontainebleau, dis-je à Lorenzo; fuyons ce monde qui m'ennuie. 1

— Oui, ajouta-t-il, fuyons cette société corrompue qui me révolte.

Deux jours nous ont suffit pour placer avec sécurité le modeste héritage que n)'a laissé mon père Nous sommes assez riches pour vivre dans la solitude , ici , en Suisse et plus tard en Ilalie, j'espère.

Qu'ajouterai-je à ce que je viens de vous dire? vous comprenez notre bonheur, demain nous serons mariés, heureux pour toujours!...

Vers la fin de son récit, Glaire s*était rapprochée deLorenzo, qui rêvait encore, assis sous les grands arbres où nous l'avions laissé. Quand elle eut cessé de parler, elle se jeta à son cou j et, après l'avoir embrassé avec une joie naïve, elle se plaça auprès de lui.

— Et maintenant, me dit-elle; causons tous

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les trois et accordoz-noiis vos conseils et votre appui.

Je les regardais comme j'aurais regardé mes enfants.

— Parlez, leur dis-je, que peut faire pour vous le vieux grenadier ?

— Je vous ai rappelé votre fils, dit Lorenzo, eh bien! tenez-nous lieu de père; Tidée d'un mariage public a toujours révolté ma délicatesse et la pudeur de lamour que j'ai pour Glaire, donnez-nous asiie dans la chambre que vous occupez au château, et permettez que rofficier de la municipalité vienne nous unir en votre présence, puis...

— Oh ! laissez-moi faire , m'écriai-je en l'interrompant et en m'abandoanant toul*àcoup à une folle résolution qiii me traversa la tête, laissez-moi avoir ma part de voire

bonheur en y conlribuaril; laissez-moi le soin de lotit ce qui peut vous cliarmer, vous et elle; ne songez qu'à vous aimer. Voulez-vous que ce soit ce soir? quelques heures me sufliront pour tout préparer. A sept heures, vous vous rendrez daus ma chaui])re, les registres de rHôtel-de-Yilic y auront été apportés. On vous unira devant la loi, puis. . mais ù mon tour je ne veux pas tout dire, je veux vous garder la surpris(î de ce que mon amilié rêve pour vous.

Ils m'embrassèrent tous les deux en répétant :

— A ce soir !

Je les bénis et je m éloignai , les laissant ensemble dans le bois goûter les belles heures de cette journée de printemps.

En rentrant chez moi, j'ornai de mon

mieux ma simple cliambre de soldat, celait une pièce en ogive sitiiôe dans les vieux bâtiments du palais. Aux murs étaient suspendus le portrait de l'Empereur, celui de ma femme et celui de mon fils. Je plaçai des fleurs et des bougies sur la liante cheminée golbique, au milieu de Tcntablement de laquelle je déposai toutes mes vieilles armes degueire formant un faisceau couronné par l'étoile de ma croix de la Légion-d'Honneur. Je fis reluire ma table et mes chaises de noyer; j'étendis sur les dalles, ou Claire devait appuyer ses pieds, de vieilles ceintures de cachemire que j'avais autrefois apportées d'Egypte; je donnai , enfin , un air de fête à ma irisle et pauvre retraite , et, en attendant mes enfants, je sortis pour m'occupjer d'autres soins qui les regardaient CHCore.

Versseplheures, un de mes vieux compagnons

d*armes, employa comme moi dans le château, arriva pour servir de témoin aux mariés; il fut suivi par l'adjoint du maire, qui était de mes amis. Quelques instants après Lorenzo et Claire frappèrent un léger coup à ma porte; il était plus beau et elle plus touchante que jamais; ilss'avancèrentradieux ;un grand voile cachaità demi le visageet la taille de Claire. Je lui offris un gros bouquet de fleurs d'orangers qu'un des jardiniers du château m'avait permis de cueillir dans les serres; elles les fit respirer à Lorenzo, et leurs regards ne cessèrent plus de se confondre. L'acte de mariage se fît vite et simplement. Quand les jeunes époux eurent signé, l'adjoint sortit emportant son registre de l'état civil; mon vieux compagnon le suivit, Je demeurai seul avec mes deux enfants.

— Oh ! merci mille fois de votre assistance, H. 8

mo dil Lorenzo en me pressant contre son cœur, merci mille fois de nous avoir épargné les regards étrangers et curieux qui profanent une union sainte; maintenant je vais emporter Claire dans quelque solitude, et là, entre le ciel et la nature , nous rendrons grâce à l'Eternel.

— Vous ne me quitterez pa3 encore , leur dis-je avec un sourire; c'est moi qui vous conduirai jusqu'au seuil de la chambre nupîiale.

11b me regardèrent avec surprise.

— Suivez-moi.

Je me levai, je pris un flambeau et je mis dans ma main la main de Claire; elle marcha entre moi et son amant; j'ouvris une porte de nn chambre qui donnait sur un long corridor 1

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gothique; noua lô traver^âmet en tîîence, nou8 tournâme» à droite et noua arrivâmes â la petite chapelle de Saînt-Salurnin; les cierges brûlaient sur Tautel, la lampe delà voûte était éclairée, les têtes d'anges des vllraux peints par la princesse Marie se détachaient 0ur un fond éclatant et souriaient pieusement â Lorenzo et â Claire.

— Agenouillez-vous , mes enfants, leur disje, et prions pour votre bonheur dans ce lieu consacré. Nous restâmes quelques instants prosternés avec recueillement. Tout-à-coup, comme si le ravissement jusqu'alors contenu des deux époux eût éclaté malgré eux, ils entonnèrent simultanément un chant d'église d'une pénétrante harmonie. Jamais voJx plus belles et plus pures n'avaient béni Dieu dans celte enceinte. An dernier verset de l'Iiymne, cédant eux-mêmes à rémotion religieuse qui

découlait do colle musique sacrée, ils se prirent à pleurer. Rien n'élail louchant comme ces larmes ruisselantes sur des visngos heureux, je me levai le premier et nous sortîmes delà chapelle.

— Et maintenant, leur dis-je, plus que des sourires, plus que des regards d'amour et des caressses permises. Soyez heureux sans mélange, cœurs nobles et purs; l'ivresse n'aura pas pour vous de réveil douloureux.

Après avoir traversé plusieurs salles , nous arrivâmes à l'appartement de madame de Maintenon. Dans ce cabinet, madame, où je vous ai raconté leur histoire, j'avais préparé leur repas nuptial ; et celte chambre , qui fut celle d'une femme ambitieuse et sans cœur, je l'ouvrais à ces jeunes amants que leurs cœurs seuls avaient attirés l'un vers l'autre.

J'avais choisi pour eux cet apparlcrncnt comme le plus recueilli el le plus intiuie du palais. Je le sais, à une autre époque de la monarchie, on aurait osé appeler profanation cet acte de hardiesse d'un vieux soldat; mais nous n'avons plus de ces supertitions-là. Eh! quelle reine jeune et belle ne serait j3as honorée d'habiter celte chambre, où furent heureux les deux êtres les plus beaux et les plus aimants qui aient jamais existé? Ils me firent asseoir à la table que j'avais préparée pour eux; ils retardèrent l'heure de leur félicitéafin de prolonger pour moi ce rêve joyeux et inattendu de ma viellesse désolée; qu'ils étaient bons et touchants! En m'éloignant je les bénis encore, et, au moment de refermer sur eux la porte de cet appartement, je tournai la tête une dernière fois; je vis Claire agenouillée devant celte madone de Raphaël, sur celte petite chaise en forme de lyre, ou

votre (ille s'osl jJarco lonl-à l'heure; son visage rayonnait d'un inelFable mélange d'innocence cl de joie naïve que la pliyv^iononiie de votre enfant m'a rappelée.

Ici, le vieux grenadier s'inlerrompit. 'm

^^ Eh bien! lui dis -je, que 8ont-ils devenus ?

— Durant deux semaines, madame, je les cachai ici à tous les yeux. Dans le jour, ils s'enfonçaient sous les ombrages du parc et de la forêt; j'allais les cherchera la nuit, et je les ramenais chezeuxy ainsi qu'ils me disaient gaîment. La consolation que je trouvais au spectacle de leur bonheur devait finir pour moi, je le savais et je m'y résignai. 11 me quittèrent un soir, ils partaient pour la Suisse; ils me promirent de ne ])as m'oublier. Cinq tkiois i*écoulèrent pourtant lan» que j'eusse

reçu de leurs nouvelles; endii un jour on lue remit une lettre; la voiei, madame; lisez lu tout haut; il m'est doux do reiileiidre, c'est tout ce qui me reste d'eux.

Le vieux gardien me tendit un papier noirci

et froissé par le frottement de sa poche ; je l'ouvris , et je lus ce qui suit :

tt Joie et bénédiction à noire père ; qu'il » pardonne à ses enfants, à qui le bonheur a »fait oublier le temps. Les mois ont fui pour » nous comme des journées ; jusqu'à ce jour » ils s'étaient succédé inaltérablement beaux »el sans événements, mais Glaire sera bientôt » mère et j'ai voulu vous l'apprendre. Is^otro » enfant portera votre nom. Nous sommes » toujours Cil Suisse ; je ne puis m'éioigner de ») ces Ali)es, du haut desquelles j'embrasse du » regard i'ilaiie , terre chérie et interdite à ma

» jeunesse exil/io. En vain nous espérions que » ma mère pourrait se réunir à nous ; on la «relient prisonnière à Bologne. Comment > l'arracher à ses oppresseurs? Cependant » on me dit que l'insurrection s'organise là- »bas; que mes compagnons sont sous les arômes. Oh! s'il en est ainsi, ce n'est plus ici » qu'est nsa place ; j'irai , j'irai... et Claire me » suivra. L'idée du combat me fait tressaillir: »je bondis sur ces sommets de neige. Quelle )> ivresse de combattre pour la liberté de son

«pays !.... Vieux soldat de la république, je )> penserai à vous !

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