A GEORGES ROCHEGROSSE
Enfant dont la lèvre rit Et, gracieuse, fleurit Comme une corolle éclose, Et qui sur ta joue en fleurs Portes encor les couleurs Du soleil et de la rose !
Pendant ces jours filés d^or Oit tu ressembles encor A toutes les choses belles, Le vieux poète bénit Ton enfance, et le doux nid Oit ton âme ouvre ses ailes.
Il6 LES EXILÉS.
Hélas! bientôt, petit roi.
Tu seras grand! souviens-toi De notre splendeur première.
Dis tout haut les divins noms :
Souviens-toi que nous venons Du ciel et de la lumière.
Je te souhaite, non pas De tout fouler sous tes pas Avec un orgueil barbare, Non pas d'être un de ces fous Qui sur l'or ou les gros sous Fondent leur richesse avare,
Mais de regarder les deux!
Qu''au livre silencieux Ta prunelle sache lire.
Et que, docile aux chansons.
Ton oreille s'ouvre aux sons Mystérieux de la lyre!
Enfant bercé dans les bras De ta mère, tu sauras Qu'ici-bas il faut qu'on vive Sur une terre d'exil