AMÉTHYSTES
Le Rossignol
\'ois , sur les violettes Brillent, perles des soirs , De fraîches gouttelettes !
Entends dans les bois noirs ^ Frémissants de son vol.
Chanter le rossignol.
Reste ainsi, demi-nue, A la fenêtre ; viens , Mon amante ingénue ; Dis si tu te souviens Des mots que tu m^as dis Naguère, au paradis!
La lune est radieuse; La mer aux vastes flots , La mer mélodieuse Pousse de longs sam^lots
De désir et d^ effroi , Comme moi! comme moi!
Mais non, tais-toi, f admire, A tes genoux assis, Ta lèvre qui soupire , Tes yeux aux noirs sourcils!
Oétait hier! je veux Dénouer tes cheveux.
O toison! ô parure Que je caresse encor !
Non, tu n^es pas parjure.
Ma belle aux cheveux d^or, Mon ange retrouvé!
J'étais fou. J'ai rêvé.
Nice.
AMÉTHYSTES. l85
Reste belle
Qiis ton feu me dévore!
Plaisir ou bien effroi , Tout me ravit ; f adore Tout ce qui vient de toi.
Et la joie ou les larmes Tout a les mêmes charmes.
Ta voix qui se courrouce , Quand f en étais sevré , Pourtant semble plus douce A mon cœur enivré Qiie les chansons lointaines Qui tombent des fontaines.
Garde ta barbarie , Tes méchants désaveux ; Tu ne peux, ma chérie , Empêcher tes cheveux ,
l86 LES EXILÉS.
OÙ le soleil se mire , De vouloir me sourire!
Tes pensives prunelles Ont emprunté des deux Leurs splendeurs éternelles; Ton front délicieux Prend en vain Vair morose , Ta bouche est toujours rose !
Malgré tes forfaitures , Les roses de Vété Ornent de lueurs pures Ta sereine beauté A ta haine rebelle.
Il suffit, reste belle!
y on, ta grâce de femme Rien ne peut la ternir ; La reine qui m'enflamme Est faite pour tenir La quenouille d'Omphalc En sa main triomphale.