‹ Les ExilésChapitre 52 sur 65 · AMÉTHYSTES · texte numérisé non relu

AMÉTHYSTES

Le Rossignol

\'ois , sur les violettes Brillent, perles des soirs , De fraîches gouttelettes !

Entends dans les bois noirs ^ Frémissants de son vol.

Chanter le rossignol.

Reste ainsi, demi-nue, A la fenêtre ; viens , Mon amante ingénue ; Dis si tu te souviens Des mots que tu m^as dis Naguère, au paradis!

La lune est radieuse; La mer aux vastes flots , La mer mélodieuse Pousse de longs sam^lots

De désir et d^ effroi , Comme moi! comme moi!

Mais non, tais-toi, f admire, A tes genoux assis, Ta lèvre qui soupire , Tes yeux aux noirs sourcils!

Oétait hier! je veux Dénouer tes cheveux.

O toison! ô parure Que je caresse encor !

Non, tu n^es pas parjure.

Ma belle aux cheveux d^or, Mon ange retrouvé!

J'étais fou. J'ai rêvé.

Nice.

AMÉTHYSTES. l85

Reste belle

Qiis ton feu me dévore!

Plaisir ou bien effroi , Tout me ravit ; f adore Tout ce qui vient de toi.

Et la joie ou les larmes Tout a les mêmes charmes.

Ta voix qui se courrouce , Quand f en étais sevré , Pourtant semble plus douce A mon cœur enivré Qiie les chansons lointaines Qui tombent des fontaines.

Garde ta barbarie , Tes méchants désaveux ; Tu ne peux, ma chérie , Empêcher tes cheveux ,

l86 LES EXILÉS.

OÙ le soleil se mire , De vouloir me sourire!

Tes pensives prunelles Ont emprunté des deux Leurs splendeurs éternelles; Ton front délicieux Prend en vain Vair morose , Ta bouche est toujours rose !

Malgré tes forfaitures , Les roses de Vété Ornent de lueurs pures Ta sereine beauté A ta haine rebelle.

Il suffit, reste belle!

y on, ta grâce de femme Rien ne peut la ternir ; La reine qui m'enflamme Est faite pour tenir La quenouille d'Omphalc En sa main triomphale.

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