‹ Les ExilésChapitre 54 sur 65 · L'AME DE CELIO · texte numérisé non relu

L'AME DE CELIO

Ce calme Célio , ce fis de la Chimcte Qui passa comme un rêve, et qu^on pleure aujourd'hui, Ce jeune homme pensif, beau comme un dieu d^ Homère , Je Vai connu ; je veux parler encor de lui.

Mais parmi nous, d'ailleurs , son image est vivante! Terrible , et secouant dans Vair un feu subtil, Sa lourde chevelure inspirait l'épouvante , Et sa bouche, o douceur! charmait le mois d'avril.

Poète , comme il fut adoré dès ce monde! Oh! que de fois , son^^eant à nous, il déroula Du bout de ses doigts fins l'or d'une tresse bl(»idc, Sans savoir qu'à ses pieds une femme était là!

igS LES EXILÉS.

Adoré! tout V aimait dans sa grâce première. Pourtant Vdme féroce et lâche de Don Juan N'habita point ce corps pétri dans la lumière Qite berçaient les sanglots du sauvage Océan.'

Non , pour voir jusqu'à lui de pales favorites Lever Pœil extatique et voilé du martyr, Il n'avait pas versé de larmes hypocrites , Et jamais Célio n'eut besoin de mentir.

Car la séduction émanait de son être , Comme du diamant le rayon étoile.

Il n'avait qu'à venir pour dominer en maître ; Sa voix persuadait avant d'avoir parlé.

Oh ! save:^-vous combien de femmes que dévore Même à présent so)i nom, traî)iant de longs einiuis . Le murmuraient aux soirs, et criaient à l'aurore : Je l'aime! et se plaignaient aux haleines des nuits!

Et les vierges en fleur, troupe folle et timide , Honteuses de sentir frissonner leurs bras nus, Le suivaient dans le bal d'un long regard humide , Et, blanches, étouffaient leurs soupirs ingénus.

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