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L AME DE CELI O. I

Mais ce ne fut pas lui, cet amant des orages, Qui put se réjouir à voir couler des pleurs , Ou qui suivit la gloire et ses fuyants mirages. Avenir, avenir, son âme était ailleurs!

Qiie disait-il aux bois, quand, sous leur sombre voûte , Il écoutait , caché dans le feuillage noir, L'eau céleste filtrer et pleurer goutte à goutte. Délicieusement, comme son désespoir?

Car il fut un vrai fils des antiques Orphées , Et la création Vaccueillait en ami Dans la clairière obscure et prés des sources fées Oii brille le serpent , sur le sable endormi.

Que disait- il penché sur le flot des fontaines , Aux fleurettes de Vherbe , aux nids dans les roseaux , Quand d'une voix si tendre il leur contait ses peines , Lui qui savait aussi la langue des oiseaux?

Ou bien, avec V aurore il fuyait dans la brume. Farouche et, comme VAnge horrible du trépas , Monté sur un cheval effaré, blanc d'écume, QiC il faisait obéir en lui parlant tout bas.

Mais il aima surtout cette consolatrice ,

La Xuit, la grande Nuit qui, dans ses cheveux bruns ,

De nos seins déchirés baise la cicatrice ,

Et berce nos tourments au milieu des parfums ;

La Xuit et ses lueurs de diamant, froissées

Par Vaube, dont Vopale éclate au front du ciel.

Et le frissonnement des étoiles glacées

Qui guérit les transports de nos cœurs pleins de fiel.

Il contemplait , de Vombre oit nos larmes tarissent. Dans le jardin de joie à nos pas défendu , Ces guirlandes , ces lys de clarté qui fleurissent , Et leur parlait alors , de douleur éperdu !

Il leur disait , noyé dans les horreurs du gouffre Que l'insondable a:{ur suspend sur notre effroi : « O constellations , vous voye:{ que je souffre. Flambeaux de Véther vaste, aye^ pitié de moi I »

Et les hommes, voyant ce beau porteur de l\ rc N'avoir pour seuls amis que les astres des cicu.\- , Dans lesquels ses regards pénétrants savaient lire , Voulaient prendre en pitié son cœur silencieux.

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