LITRE III, CHAPITRE IL
se trouvent déjà au mouillage k Furious, le Minnesota et tAmericay qui avaient à leur bord les trois collègues du ministre de France.
Trois commissaires impériaux étaient arrivés de Péking; ils ont mission de s'entendre avec les représentants des puissances occidentales, mais ils ne sont point munis de pleins pouvoirs régulièrement établis. Les ambassadeurs refusèrent d'entrer en négociations avec eux : — ceux-ci protestèrent que des pouvoirs plus étendus étaient contraires aux lois de FEmpire, et qu'ils venaient loyalement, par ordre de leur souverain, pour entendre les conmiunications des puissances occidentales.
Les ministres de France et d'Angleterre persistèrent dans leur résolution, l'amiral Poutiatine et M. Reed, qui tous deux n'avaient point été sur le pied de guerre avec la Chine, entrèrent en pourparlers, pour sonder au moins les conunissaires impériaux sur les dispositions probables du gouvernement cbinois.
« Jamais, disent ces mandarins, le grand Empereur, Fils du Ciel, n'acceptera l'établissement des légations européennes dans Pé-king. Il est également inadmissible de supposer qu'il puisse accorder l'ouverture des grands fleuves et des marchés intérieurs de la Chine. — Quelques nouveaux ports seraient ouverts au commerce ; on reviserait les lois contre le christianisme. Quant à l'indemnité réclamée pour l'incendie des factoreries, c'était un point à discuter ultérieurement. »
Les difficultés réelles de la situation n'avaient donc
point fait un pas vers une solution possible. Il fallait évidemment frapper d'un coup décisif l'arrogance chinoise, si vivace encore.
XXXI. — Le 19 avril, à sept heures du matin, l'amiral quitta Shang-haî sur la Némésis, accompagnée par le PhUgéthon, et le 25, à trois heures et demie de l'aprèsmidi, il mouillait dans le golfe de Pe-tchi-li, à Tembou- . churedu Pei-ho. — Le Primauguety la Dragonne eiTAvalanche ieiaieut l'ancre en même temps, près de la frégate amirale.
Presque aussitôt, une communication officielle du baron Gros informe le commandant en chef des forces navales que lord Elgin et lui croient qu'il sera indispensable, sous peu de jours, d'avoir recours à des mesures ^ coercitives. « Ces mesures seront le blocus de la rivière, l'attaque et la prise des forts de l'embouchure duPeï-ho, et une expédition pour s'emparer deTien-tsin. »
Les mesures proposées par les ambassadeurs sont l'objet de l'examen le plus sérieux de la part des contreamiraux. — Le blocus est d'une exécution facile; la prise des forts offre des difficultés par la nature fangeuse des terrains qu'il faut traverser pour arriver à l'attaque des positions; mais ces difficultés seront surmontées. Quant à garantir le succès d'une expédition sur Tientsin, et promettre qu'elle sera exécutée, les amiraux ne peuvent s'y engager avec les forces réduites dont ils disposent, une porlion de ces forces devant forcément rester à l'embouchure du Peï-ho. — Cette rivière