‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 99 sur 187 · LIVRE 111, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 111, CHAPITRE II

tard à sa note, mais que c'était aux frontières russes de l'Amour seulement, que l'on pouvait s'entendre avec lui.

XXVIII. — Cette réponse hautaine du premier ministre de l'Empire montrait clairement que l'occupation de Canton, loin d'ouvrir les yeux au gouvernement chinois, n'avait en rien modifié IVeuglement de sa politique dans le sens des concessions à faire aux puissances occidentales. — Aux yeux de la cour de Pé-king, la prise de Canton était un fait isolé, dû surtout à l'imprévoyance de l'ex- Vice-roi et à sa négligence impardonnable. Dès lors, il était facile de prévoir qu'une action militaire énergiquement dessinée sur un point plus rapproché de la capitale, allait devenir inévitable.

« En présence de ces difficultés nouvelles (écrit l'amiraU, les quatre plénipotentiaires ont résolu de se porter dans le golfe de Pe-tchi-li pour essayer si une démonstration devant le Péï-ho amènera un changement dans les décisions des autorités de Pé-king, et si elles consentiront à envoyer sur ce point des mandarins négociateurs. Cette première tentative faite, si elle n'aboutit pas, M. le baron Gros se propose de réclamer de ma part l'emploi de mesures coërcitives, et m'invite en conséquence à me rendre sans délai dans le golfe de Pe-tchi-li avec toute la division navale qu'il m'avait prié d'amener près de Shang-haï. — Pareille invitation a été adressée par lord Elgin à l'amiral Seymour ; M* le comte Poutiatine et surtout M. Reed paraissent loin d'être décidés à joindre, en cas de besoin, leurs moyens d'action aux nôtres. »

ai 8 CAMPAGNE DE CHINE.

XXIX. — Aussitôt que l'amiral Rigault de Genouilly avait eu connaissance, par la dépêche de Tambassadeur, du résultat peu favorable des négociations, il s'était rendu immédiatement à Shang-haï sur la canonnière la Fusée ^ afin devoir le baron Gros avant son départ pour le golfe de Pe-tchi-li; car il devait d'abord prendre toutes les dispositions nécessaires p«ir assurer le ravitaillement de sa division y pendant les nouvelles opérations qui allaient s'ouvrir.

Il fallait, disait-on, s'attendre à une résistance sérieuse de la part des Chinois, et quelques-uns de nos missionnaires, en correspondance avec le Pe-tchi-li, nous avaient fait savoir que toutes les troupes de la province étaient en mouvement vers le Peï-ho, et que les fortificatioBS à l'embouchure du fleuve avaient été considérablement augmentées.

La plus grande incertitude régnait du reste sur la navigabilité du fleuve pour des bâtimei^ européens, même du plus faible tirant d'eau.

XXX. — Le 1 S-avril, à 5 heures du matin, la frégate VAudacieuse emmène le baron Gros vers le golfe de Pe-tchi-li, la Fusé& l'accompagne. — La mer est encore agitée par les gros temps des jours précédents, el il est à craindre que VAudadeitëe ne retrouve les mêmes tourmentes de mer qu'elle a rencontréesde Hong-kong à Shang^haï. Heureusement le lendemain le temps se rassérène, et la frégate, après quatre jours de bonne navigation, double le cap Shan-tung et apparaît dans le golfe de Pe»tcbi-li, où

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