‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 101 sur 187 · DIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

DIVRE III, CHAPITRE II

est immense; quelle est sa profondeur d'eau? Tout te monde l'ignore. II y a là une question qu'il faut réserver; la suite des événements peut seule Téclaircir et en donner la solution. Dans tous les cas, il faut attendre la venue des canonnières à faible tirant d'eau de l'escadre anglaise, dont la mousson contraire a retardé l'arrivée -dans le golfe de Pe-tchi-li.

Telle était l'opinion des amiraux sur les projets qui leur avaient été présentés par les ambassadeurs.

Toutefois, il était Important de montrer aux mandarins chinois les bâtiments alliés prêts à bombarder les forts du Peï-ho, si les demandes de la France et de l'Angleterre étaient encore éludées ou réfutées ; aussi la Dragonne et la Fuséôy ainsi que deux canonnières anglaises, reçurent Tordre de franchir la barre de l'embouchure du Peï-ho, au moment de la grande marée, et d'aller mouiller en vue des forts.

XXXII. — Le lieutenant de vaisseau, de Besplas, jeune officier de marine très-distingué et deux officiers anglais avaient été chargés, de baliser le passage que devaient suivre les canonnières. —La Dragonne franchit fort heureusement la barre, et alla jeter l'ancre dans le voisinage des forts, mais la Fusée et les deux canonnières anglaises, le Cormoran et le Nemrod s'échouèrent dans le passage. A la marée suivante, ces bâtiments furent renfloués, et purent aller prendre les positions indiquées. — Le même jour, V Avalanche passait aussi la barre et venait mouiller auprès de la Dragonne.

222 CAMPAGNE DE GRiNis:

Après cette première démonstration, et après avoir été eux-mêmes reconnaître les forts du Peï-ho, les amiraux s'étaient réunis encore une fois pour traiter la question d'une expédition sur Tien-tsin, que les ambassadeurs avaient de nouveau recommandée à leur attention. — Les renseignements vagues et confus qu'ils avaient recueillis sur la navigabilité de la rivière les laissait toujours dans la plus grande incertitude sur ce point important. — Ils pensèrent qu'il leur était impossible de prendre, par avance, un engagement dont les conséquences pouvaient peser sur l'honneur des pavillons qui leur étaient confiés. Cette grave responsabilité, ils l'avaient tout entière.

A cet égard, les instructions du ministre de la marine au contre-amiral Rigault de Genouilly étaient précises : « Lorsque les négociations seront devenues inutiles et qu'il y aura nécessité de recourir à la force pour amener le gouvernement chinois à accéder aux demandes qui lui auront été adressées, c'est à l'amiral qu'il appartiendra de déterminer sur quel point et de quelles manières seront employées les forces navales placées sous ses ordres (l). »

La décision à prendre sur l'expédition de Tien-tsin restait donc réservée, et les amiraux exposèrent aux ambassadeurs sur quelles considérations navales et militaires se fondait leur réponse.

(1) Dépêche du ministre au contre - amiral Rigault de Genouilly. — 9 mai 1857.

Voir à la page 60.

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