‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 102 sur 187 · LIVRE III, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IL

XXXIH. — Le moiDent décisif approchait.

L'amiral Poutiatine avait cherché à nouer de dernières négociations entre les ambassadeurs de France et d'Angleterre et les commissaires impériaux diinois. Mais l'influence que pouvait exercer l'amiral russe, comme intermédiaire, n'eut point une issue plus heureuse, et le refus de concéder aux agents diplomatiques des nations étrangères le séjour, même temporaire à Pé-king, renversa toute espérance de conciliation.

Le 18 mai, les plénipotentiaires se réunirent en conseil avec les commandants en chef pour déterminer nettement ce qu'il était possible d'entreprendre, pour amener enfin le gouvernement chinois à accorder les satisfactions si inutilement demandées.

« Les ambassadeurs posèrent les deux questions suivantes :

« 1** Les amiraux sont-ils en mesure d'enlever les forts de l'entrée du Peï-ho ?

« 2" Ces forts enlevés, les ministres plénipotentiaires de France et d'Angleterre, suivis des ministres des États- Unis et de Russie, peuvent-ils remonter pacifiquement la rivière, afin de se rapprocher de la capitale, et, d'accord avec le langage tenu au commissaire chinois, avoir une entrevue avec nn plénipotentiaire officiellement accrédité?

Sur Tenlèvement des forts, les amiraux répondirent affirmativement. — Quant au mouvement en avant, ils l'acceptèrent sous la réserve qu'il «erait subordonné

dans ses limites , aux mesures jugées nécessaires pour garantir la sécurité des ambassadeurs.

XXXIV. — Ces points principaux une fois déterminés, on arrêta dans la même conférence le texte de la sommation qui serait adressée le lendemain au commissaire impérial, vice-roi de la province de Pe-tchi-li.'

Les plénipotentiaires informaient le commissaire, qu étant investis par leurs souverains respectifs de pleins •pouvoirs, ils ne pouvaient consentir à traiter avec un représentant de l'empereur de la Chine qui ne serait pas revêtu par Sa Majesté Impériale de pouvoirs égaux aux leurs.

Ils exposaient : « que tous leurs efforts avaient été vains pour arriver à une heureuse solution, que tous les délais fixés étaient expirés, sans avoir amené de résultat, et qu'ils avaient résolu, selon l'intention exprimée dans des communications précédentes, d'entrer en rapports plus immédiats avec les grands fonctionnaires du gouverneur impérial, ce qu'ils feraient, en s'avançant vers Tien-tsin.

« Comme mesure préliminaire, les forts placés à l'embouchure du Peï-ho devront être remis entre les mains des commandants en chef des forces alliées, sous peine d'être enlevés de vive force et détruits.

« Les troupes impériales devront évacuer ces ouvrages.

« Les foiis , une fois en la possession des puissances alliées, les ambassadeurs remonteront pacifiquement la

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