LIVRE 111, CHAPITRE IK
rivière, convaincus que le gouvernement impérial admettra, sans plus de retard» la nécessité de nommer un représentant dûment qualifié pour traiter avec eux. »
XXXV. — Cette sommation devait être portée le 20, et deux heures après sa remise entre les mains des autorités chinoises, si la réponse n'était pas satisfaisante, Tattaque commencerait contre les forts*
Le plan d'attaque, préalablement concerté entre les deux amiraux, se divisait en deux parties :
« 1^ Une attaque par l'artillerie des canonnières;
« 2"" Un enlèvement par escalade au moyen des compagnies de débarquement partagées en deux corps.
« Les canonnières doivent former deux groupes.
« Premier groupe: — le Cormoran ^ bâtiment anglais, la Mitraille et la Fusèe^ bâtiments français, sous le commandement du capitaine Thoyon.
* Deuxième groupe : — Avalanche et dragonne^ bâtiments français, sous le commandement du capitaine Yrignaud. iVemrcx^, bâtiment anglais.
« Le premier groupe doit attaquer les forts de la rive sud ou rive droite; — l'autre, ceux de la rive gauche, ou rive nord. — > Ces deux groupes agiront simultané* ment.
XXXVL — « Deux corps de débarquement sont désignés pour l'attaque des deux rives, l'un de 457 hommes
âf 6 CAMPAGNE DE CHINE.
(289 de Fescadre anglaise, 168 de Kescadre française), se portera sur la rive gauche, et enlèvera les forts du nord; — l'autre corps, comprenant 721 hommes (371 de Tes- .cadre anglaise, 350 de l'escadre française), agira sur la rive droite : son actioq principale se portera sur le fort placé au nord de cette ligne de défense, car sa possession assure l'enlèvement de toutes les positions ennemies sur cette rive.
c Les forts de la rive gauche, battant de leurs feux les points de débarquement des troupes chargées d'enlever les défenses de la rive droite, devront être au préalable détruits et enlevés, et leur artillerie mise hors d'état de servir.
« Les obusiers de montagne seront alors débarqués et placés en batterie sur la campagne, pour arrêter tout retour offensif venant dans cette direction.
« Pendant ce temps , la colonne d'attaque chargée d'agir contre les forts de la rive gauche, une fois cette opération terminée, sefa immédiatement réembarquée et jetée sur la rive droite, pour remplacer dans le fort du nord la colonne d'attaque spéciale de ce côté. — Cette clef de l'attaque générale doit rester fortement occupée, jusqu'à ce que toutes les défenses de l'ennemi soient aux mains des alliés.
«Dès que la colonne d'attaque des forts du sud verra arriver ce soutien, elle abordera aussitôt successivement toutes les positions et les enlèvera de vive force.
« Le corps de débarquement franco-anglais n'étant pas assez nombreux pour occuper tous les ouvrages, se
UVft£ III, CHAPITRE II. ni
concentrera dans les forts du nord et du milieu de la rive droite, ainsi que dans les courtines adjacentes.
XXXVII. — « Pendant ces diflférentes opérations, les canonnières d'attaque des forts du nord devront changer de mouillage, et se placer de manière à protéger les forts contre un retour de l'ennemi-
« Celles qui auront été employées à porter les troupes de débarquement, garderont avec soin les deux rives et établiront une vigie en tête de mât, pour surveiller les mouvements des troupes chinoises.
« Les capitaines des canonnières chargées de bombar-der les forts ne doivent pas oublier qu'ils peuvent, par Tefficacité de leurs feux, assurer le succès, ou du moins empêcher qu'il soit trop chèrement acheté; ainsi, ils devront s'appliquer spécialement à ruiner les dcf^ses et à produire des ébo]ulements de terrain pour faciliter l'escalade.
« Ils auront soin de faire occuper les hunes par les meilleurs tireurs des équipages, avec ordre de viser exclusivement les canonniers ennemis des faces contrebattues.
« Les canonnières chargées du transport des troupes, devront joindre leur feu à celui des autres canonnières, en prenant les forts d'enfilade et par derrière, de manière à jeter le désordre dans la défense; celles de l'attaque du sud lanceront des obus sur le village de Ta- Koo, pour y allumer des incendies; la vue des maisons en flamme dans ce village^ où tout porte à croire que les
mandarins militaires ont leur famille, doit contribuer à abattre leur moral. »
Le plan détaillait, en outre, avec le plus grand soin, les diverses phases de l'attaque et le rôle réservé à chacun, afin d'éviter toute confusion possible pendant l'action. — La rapidité et l'ensemble des mouvements étaient un point important pour assurer le succès , et pour frapper subitement l'ennemi, avant qu'il ait eu le temps de se reconnaître et de croire même à la possibilité d'un revers.
Le commandement des compagnies françaises de débarquement pour l'attaque des forts du sud, était donne au capitaine de vaisseau Reynaud. — Le capitaine de frégate Lévêque avait celui de la colonne d'attaque des forts du nord.
XXXVIIL — Le 19 mai, toutes les dispositions sont prises; les commandants des bâtiments ont reçu leurs instructions sur les postes qu'ils doivent occuper pendant le bombardement des forts, et sur l'ordre de marche qu'ils doivent suivre (1).
(1) Ordre général.
Demain malin les canonnières allumeront les feux à 6 heures et désaffourcheront immédiatement en levant Tancre de jusant ; ces bâtiments apiqueront leurs basses vergues» brasseront les vergues d'hune en pointe : les canonnières de Valtaque de la rive droite brasseront tribord, et celles de la rive gauche bâbord. Les parcs à brûlots qui pourraient gêner la manoeuvre des ancres seront enlevés; les filets d'abordage et les montants de tente seront enlevés.
Les canonnières, qui ont des hommes des compagnies de débarquement à leur bord, leur donneront du café demain matin.
Dès que les hommes des compagnies de débarquement auront pris