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LIVRE m, CHAPITRE II

Uamiral Rigault de Genoailly se rend de sa personne, le soir, à bord de V Avalanche^ pour arrêter les derniers . détails du combat.

le café , ils rejoindront les canonnières auxquelles ils sont affectés dans les embarcations qui les ont amenés. '

Les canonnières destinées à Tattaque des forts seront les premières à aller prendre leur poste de combat et se mettront en marche pour prendre leur position , dans Tordre suivant :

Attaque du nord :

N» 1 , Cormorant.

N« 2 , Mitraille.

N«3, Fusée.

Attaque* du sud :

N** 4 , Avalanche.

N" 5 , Dragonne.

N° 6 , Nemrod.

La mise en marche n^aura lieu qu'après Tévitage au jusant, et au moment où le Slaney (n*» 83), à bord duquel seront les deux amiraux, hissera les pavillons anglais et français au mât d'artimon.

Quand les bâtiments d'attaque auront pris leur position, le Slaney mettra en marche et sera suivi immédiatement par les canonnières qui portent les corps de débarquement de Tattaque du nord ; ainsi le Slaney prendra le n*»? de Tiordre général de marche; 8 , le Staunch (91) 9, Bustard; 10, Opossum (94); (attaque de la rive nord , ou gauche), puis (attaque du sud, ou rive droite) : 11 ,îe Firm; 12, le Leven (84).

Aucun bâtiment n'ouvrira le feu ou ne répondra à celui des Chinois, sans que l'ordre ne soit donné. Un pavillon jaune hissé à bord àxiSlaney indiquera l'ouverture du feu; ce signal sera répété par tous les bâtiments. Le feu sera maintenu tant que le pavillon jaune sera hissé.

Les officiers supérieurs, commandant les troupes de débarquement de là rive gauche , décideront du moment où ils devront descendre à terre.

Une boule noire à la tête du mât du Slaney indiquera le moment où l'on jettera à terre le corps de débarquement du sud.

Chaque canonnière gardera son grand canot et enverra toutes les autres embarcations mouiller en dehors de la ligne des feux avec un seul homme de garde, pour toutes les embarcations d'un même bâtiment.

Le capitaine de vaisseau, chef d* état-major ,

Reynaud.

Vers six heures du soir, les corps de débarquement, transportés à bord des canonnières anglaises et dans de& canots remorqués, passent la barre de la rivière et viennent s'installer pour la nuit sur les canonnières françaises, mouillées en amont des forts.

La garnison de ces forts, qui suivait le mouvement des navires alliés, crut à une attaque subite; les soldats chinois garnissaient les remparts ; les servants étaient à leurs pièces, et Ton pouvait encore, à travers les dernières lueurs du jour qui s'éloignait, distinguer des officiers qui allaient et venaient le long des batteries. Mais nos bâtiments et nos embarcations s'arrêtèrent à distance et la miit entièrement venue, ne fut plus troublée que par le chant des matelots anglais et français qui répétaient en chœur de gais refrains.

XXXIX. — Les deux amiraux devaient diriger l'action en commun pendant l'attaque de mer, comme au moment du débarquement ; aussi ont-ils décidé qu'ils arboreraient leur pavillon sur le même bâtiment, afin d'éviter la lenteur et l'indécision dans la transmission des ordres.

L'apparition des deux pavillons unis par la fraternité d'armes, devait être le signal de se mettre en mouvement, aux canonnières désignées pour l'attaque des forts.

Elles ont reçu Tordre d'allumer leurs feux à six heures du matin ; les parcs à brûlots qui peuvent gêner la manœuvre des ancres ont été enlevés ; les basses ver-

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gues sont apiquées, afin d'éviter, les accos(ages dans le chenal étroit et sinueux que doivent parcourir les b&timents.

Le 20, à hnii heures du matin, la sommation des plénipotentiaires de France et d'Angleterre sera remise au commissaire impérial.

A dix heures, si une réponse favorable n'est point arrivée, l'attaque commencera.

XL. — Un peu avant huit heures deux embarcations se détachaient du groupe des bâtiments alliés. — A l'arrière de ces embarcations flottait le pavillon national, et à l'avant le pavillon parlementaire.

L'une portait le capitaine de vaisseau Reynaud, chargé de remettre la sommation de l'ambassadeur français ; l'autre, le capitaine anglais Hall du Ca2(^rta.— Elles abordèrent ensemble sur la plage devant les forts, à l'endroit où une tente avait été élevée, depuis l'arrivée des bâtiments européens dans ces parages, pour servir aux différentes communications qui avaient eu lieu. Les deux officiers furent reçus par un mandarin d'un grade assez élevé, qui leur demanda l'objet de leur mission; ceuxci , sans donner aucune explication, lui remirent le message dont ils étaient porteurs , ajoutant seulement que ce message, dont les ministres de France et d'Angleterre attendaient la prompte réponse, était de la plus haute importance.

Pendant ce temps, une jonque portant un officier supérieur chinois s'était dirigée vers V America, où-flottait le

pavillon amiral russe. . Cet officier portait une communication au comte Poutiatine. — L'amiral russe profita de cette dernière occasion pour répéter encore à ce messager de conseiller aux autorités chinoises d'adhérer aux dernières propositions de la France et de l'Angleterre, s'ils ne voulaient voir se renouveler sur le Peï-ho les événements qui venaient de se passer devant Canton.

« Le succès des forces alliées n'est pas douteux, ajoutait l'amiral Poutiatine. »

XLL — Mais les Chinois avaient fait de grands préparatifs de défense ; ils avaient élevé des retranchements, construit des batteries nouvelles, armé un très-grand nombre de pièces de gros calibre ; la garnison se composait des meilleures troupes tartares de TEmpire, auxquelles s'était jointe une partie de la garde impériale. Leur confiance était sans borne.

Certains de foudroyer leurs ennemis dès leur apparition, ils n'avaient aucune inquiétude sur l'issue d'une défense qu'ils étaient résolus de pousser jusqu'à ses dernières limites.

c — Eh bien 1 répondit le messager chinois aux sollicitations de l'amiral russe , que les barbares viennent nous attaquer, nous sommes prêts; s'ils ne l'osetit pas, nous tirerons les premiers coups de canon. »

A dix heures, aucune réponse des autorités supérieures chinoises n'était parvenue.

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