‹ Les expéditions de Chine et de CochinchineChapitre 112 sur 187 · LIVRE Ilï, CHAPITRE llï · texte numérisé non relu

LIVRE Ilï, CHAPITRE llï

LV. — Dans la position que Ton avait prise, toute résislance pouvait être facilement dominée.— De plus, la ligne de communication avec l'embouchure du fleuve, incessamment parcourue par les canonnières légères, élàit entièrement libre; les hauts plénipotentiaires pouvaient donc en toute sécurité remonter jusqu'à Tien-tsin, et ils en reçurent aussitôt l'avis.

Les nouvelles parvenues aux commandants en chef rendaient en outre urgente la présence des ambassadeurs. En effet, les amiraux avaient reçu en communication, et cela sans aucun commentaire, une copie d'un décret impérial de date toute récente.

Il était conçu en ces termes :

« Nous ordonnons à Kweiliany, premier secrétaire d'État, et à Hwashana, président du conseil des affaires civiles, de se rendre par la toute de poste au port de Tien-tsin pour examiner et régler les affaires. — Respectez ceci. »

Le décret prouvait l'importance qu'avait eue, aux yeux du gouvernement chinois, la prise des forts du Peï-ho et la présence de nos canonnières en vue de Tientsin.

La cour de Pé-king comprenait évidemment que toute résistance devenait superflue et que cette ville serait bombardée et ruinée, si Ton ne se décidait pas à traiter avec les puissances européennes. — Or, Tien-tsin, par sa position près de la capitale de l'Empire, est un des plus riches et des plus considérables affluents du commerce. C'est le grenier de la capitale. Son occupation à

main armée par les alliés pouvait amener les conséquences les plus fatales, et jeter tout à coup la famine et la misère au cœur même de la Chine.

On peu! rapprocher ce décret du jugement qui fut rendu par le conseil des châtiments contre les mandarins civils et militaires qui n'avaient pas su empêcher la prise et la destruction des forts élevés à l'embouchure 4€t fleuve (1). Ce|ogiemen! montre la responsabilité capitale que le gouvernement chinois fait peser sur ses agents, en cas d'échec.

Le commandant des forts du Pei-ho, en se donnant volontairement la mort, n'avait fait qu'arracher une victime au bourreau.

Page 1