LIVRE III, CHAPITRE ïll
placer «au point de jonction du Peï-ho avec le canal i«>périai, pour surveiller cet important passage.
Le 30, au point du joor, h Slaney arrive parlant k baron Gros et lord £)gin.
n America amène le comte Pontiatine et M. Rééd. — Sur tout le parcours du fleuve, les habitants des rives, tranquilles et confiants, avaient repris leurs travaux. Le mouvement continuel des canonnières qui sillonnaient la rivière n'avait plus rien qui pût ou dût les étonner; ils semblaient rester étrangers, aussi bien aux événements qui s'étaient accomplis, qu'à ceux qui devaient s'accomplir encore.
A Tien-tsîn, le Peî-ho se partage en deux cours. — L'un est la continuation du grand canal impérial qui va aboirfîr au Yang-tse-kiang; Tàutre se dirige vers Pé-kîng, capitale de l'Empire. A un mille au-dessus de Tien-tsiu, ce bras du fleuve n'oSre plus que très-peu d'eau, et devient seulement praticable aux jonques de petite dimension.
Quant à la ville elle-même, qui est entourée de murailles, elle est peu considérable, et se compose en grande partie de misérables maisons en terre, habitation des soldats, des employés du gouvernement et d'one population en apparence très-pauvre ; mais autour des murs s'étendent d'immenses faubourgs qui contiennent vm grand nombre de jolies Hfâisons en brique et des yamouns habités par de riches négociants qui monopolisent le commerce du riz et du sel des provinces de la (%fine avec celle du Pe-tchi-B. Les maisons, pressées les
unes contre les autres, s*entassent jusqu'au bord de ladvière, où Ton voit s'élever un assez grand nombre de kiosques élégants et pittoresques. — C'est là que les plus notables habitants de ces faubourgs viennent, pendant les chaleurs écrasantes de l'été, chercher l'air et la fraîcheur sous l'ombre des grands arbres, dont les cimes élevées se mirent dans les eaux paisibles du fleuve. Toute la vie réelle de Tien-tsin s'est concentrée dans ces faubourgs, construits sur les deux rives du grand canal impérial; ils se rehent entre eux par de nombreux ponts, dont quelques-uns en pierres et d'autres formés avec des bateaux, servent à la circulation incessante d'une population agglomérée, comme dans toutes les villes chinoises.
Sur la rive gauche du Peï-ho , les maisons sont en moins grand nombre, mais on y voit d'immenses magasins de sels, de riz et de grains.
L'habitation choisie pour les ambassadeurs est un immense } amoun sur le bord de la rivière ; il se compose de plusieurs corps de bâtiments entourés de jardins et de beaux arbres séculaires, dont les branches chargées de feuillages étendent au loin leur ombre.
Ce yamoun servait autrefois de résidence d'été à l'empereur Kien-Houng, l'un des ancêtres de l'empereur régnant. — Aujourd'hui ce palais est dégradé et fort peu digne de sa noble origine, que l'on ne soupçonnerait pas en le parcourant, si diverses inscriptions ne venaient en attester le souvenir.
Au pied môme de ses murailles, sur lequel flottent