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LIVRE III, CHAPITRE III

les deux pavillons de France et d'Angleterre, sont amarrées r Avalanche^ la Dragonne^ la Fusée^ le Cormorant^ le Nemrod et le Coromandel.

LVII. — L'arrivée à Tien-tsin des deux commissaires impériaux, munis cette fois de pleins pouvoirs^ et Tallure toute pacifique de nos relations avec les autorités supérieures de la ville, faisaient présager que la paix allait enfin se conclure entre les puissances occidentales et le Céleste-Empire ; mais ces apparences, toutes favorables qu'elles étaient, pouvaient d'un instant à l'autre changer d'aspect et prendre un caractère d'hostilité, sans que la cour de Pé-king se crût en rien engagée, si son intérêt ne le lui ordonnait pas impérieusement.

« C'est pour cette raison, écrit l'amiral Rigault de Genouilly (1), que l'amiral Seymour et moi, nous avons résolu de faire venir du sud un certain nombre de troupes. M. le général van Straubeuzée ayant reçu de l'Inde et de l'Australie d'importants renforts, est en mesure de détacher de la garnison de Canton environ 1000 hommes qui vont remonter ici. J'appelle itérativement à moi les troupes venues sur la Gironde^ dont l'arrivée à Hongkong vient de m'ètre annoncée. Toutes ces troupes seront casernées à terre ; leur présence pèsera sur les négociations et en déterminera, il faut l'espérer, le plein succès en faisant redouter au gouvernement chinois une marche en avant. »

(1) Dépêche au ministre. Devant Tien-tsin, 3 juin 1858.

254 CAMPAaNE DE CHINE.

Ces précautions répond^ieDi au caractère chinois et à sa tortueuse diplooialie. — Touie marque de inansué* tude, de bon vouloir ou de conciliation que n'accompagnerait pas un déploiement de forces imposant, serait regardée comme une preuve évidente de crainte ou de faiblesse» et amèoarait un revirement subit dans les né* gociations entamées. li fiiUâit donc, jusqu'à la fin, en im* poser aux autorités chinoises, et leur fadre conapnendi^ que de nouvelles hésitations ehtraineraieni la continuation immédiate des hostilités.

Sous cette pression, la cour de Pé-king allait enfin admettre les justes rédamations auxquelles elle s'était si longtemps refusée, et reviser les anciens traités, à la satisfaction des gouvernements étrangers.

Nous ne pensons pas qu'il soit d'un grand intérêt de suivre jour par jour les incidents qui se succédèrent jusqu'à la signature du traité de la Chine avec la France, conclu le 27 juin 1858.

LYIU. — Nous allons seulement jeter sur leur ensemble un coup d'œil rapide.

Le 2 juin, les commissaires impériaux arrivent.

Le 3, suivant l'usage chinois, ils envoient de grandes caries en papier rouge, sur lesquelles sont inscrits leurs noms et leurs titres, et font savoir aux ambassadeurs qu'ils sont munie de pleins pouvoirs; ils indiquent le jour de la première entrevue. — Dans cette communication, ils prennent officiellement le titre de commissaires et ministres impériaux. Il leur est £dt réponse, que tout

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