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LIVRE 111, CHAPITRE III. 25S

devant faire supposer qu'ils étaient enfln revêtus ^r leur souverain de pouvoirs aussi étendus que ceux des am* bassadeurs alliés, l'entrevue qu'ils fixaient était acceptée* Le lieu désigné est une pagode située dans une )>eti(e plaine en dehors de la ville, à petite distance de la ma^ raille d'enceinte; c'est un temple bouddhiste qui date à peine de deux siècles, et auxquels les Chinois n'attachent pas par conséquent le prestige sa<ïré de l'antiquité.

Le 4, lord Elgin fait une visite officielle aux commissaires impériaux. — Le baron Gros a décidé qu'il s'y rendrait le 6.

Une foule compacte encombre .les abords de la pagode et la route que suit le cortège. Cette foule est silencieuse, impassible; mais elle contemple avec des regards avides ces étrangers si subitement apparus.

La chaise de notre ambassadeur, portée par huit coolies, vêtus de robes de soie grise bordées de rouge, et ayant sur leur chapeau des franges aux couleurs nationales, s'arrête devant la pagode.

Les deux commissaires impériaux, environnés de mandarins à globules de toute couleur, viennent sur le seuil recevoir le plénipotentiaire de la France.

Après les compUments d'usage, les pleins pouvoirs sont échangés. Ceux des nouveaux commissaires n'ont peut-être pas toute l'étendue qu'on aurait pu désirer ; mais cependant ils ne sont pas de nature à empêcher l'ouverture de négociations pacifiques. — Notre ambassadeur demande alors, si les plénipotentiaires chinois sont informés des justes réclamations adressées par

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le. gouvernement français, et de sa volonté expresse d'obtenir entière satisfaction pour le meurtre du missionnaire Chapdelaine. — Sur leur réponse affirmative, le baron Gros, après avoir accepté une collation qui lui est offerte, reprend le chemin de sonyamoun.

LIX. — C'est un usage chez les hauts dignitaires chinois de ne point discuter eux-mêmes les affaires, mais de les traiter par intermédiaires; aussi, quelques jours plus tard, la discussion des différents articles du traité commença régulièrement, avec M. de Bellecourt, premier secrétaire d'ambassade, désigné pour remplir cette mission. — Pour cause de maladie, il fut remplacé par M. de Gontades.

Déjà le traité est signé entre la Chine et la Russie. — Ce traité porte la liberté de conscience pour les chrétiens chinois de toute dénomination et la libre circulation des missionnaires dans toute l'étendue de l'Empire, ainsi que l'admission temporaire à Pé-king des agents diplomatiques de la Russie qui auraient des réclamations à présenter au gouvernement.

Le point le plus difficile des négociations entre les hauts commissaires et les plénipotentiaires de France et d'Angleterre portait sur la résidence permanente à Pé-king des agents diplomatiques. Les mandataires chinois se montraient prêts à toutes les autres concessions et s'offraient à signer immédiatement le traité de paix, si les ambassadeurs n'exigeaient aussi que la résidence temporaire de leurs agents.

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